[ITW] Ryder the Eagle sort son premier EP

Le mardi 31 octobre 2017 dans Interview, Music

Ex-batteur de Las Aves, Adrien se lance désormais dans son aventure solo, Ryder the Eagle. Son premier EP, qui passe du rock à la ballade en un clin d’oeil, est une superbe introduction.

Tu peux te présenter et présenter ton projet ?

Je suis Ryder The Eagle. Le mot « projet » me dérange, je n’ai jamais réellement projeté tout ça : c’était une nécessité, une question de survie mentale. Ryder The Eagle, c’est tout ce que j’ai été et que je ne serai plus, tout ce que je suis et tout ce que je voudrais être. Une balade en moto sur les routes sinueuses du questionnement identitaire, avec la rage et l’instinct comme moteur et l’amour pour seul guide.

Pourquoi le nom Ryder the Eagle ?

J’ai toujours été fasciné par les aigles sans trop savoir pourquoi. C’était mon premier tatouage. L’aigle représentait mon père, qui bossait chez Air France quand j’étais petit. J’ai toujours eu peur qu’il se crashe et qu’il ne revienne jamais. Vous connaissez un bon psychanalyste à Paris ? [Rires]

Pourquoi avoir quitté Las Aves ? Tu avais envie de porter quelque chose seul ?

Comme je l’ai dit, ce n’était pas une envie mais un besoin. Quitter Las Aves, qui sont ma famille, a été un choix difficile, mais je ne l’ai jamais regretté. Je crois que dès qu’il s’agit de musique, je deviens très solitaire. Je ne me vois pas travailler sur mes chansons avec quelqu’un d’autre. C’est ma chair, mon âme, c’est bien trop important.

RYDER THE EAGLE -COVER - THE RIDE OF LOVE

Qu’est-ce qu’a changé la rencontre avec Adam Green pour toi ?

Je suis parti en tournée avec Adam Green et le groupe Coming Soon dans toute l’Europe. J’ai fait sa première partie, joué avec lui, et en même temps j’étais son tour manager. On a vraiment passé 3 mois de pure folie, c’était surréaliste. J’ai appris énormément, à tous les niveaux. Et j’ai surtout créé un vrai lien avec la personne : il m’a donné envie de faire de la musique.

Quelles sont tes influences majeures ?

En réalité, j’écoute très peu de musique. Donc je ne sais pas trop ce qui m’influence. Ce sont plutôt des émotions, des états passagers, des situations de vie, tout ce qui fait vibrer en fait. L’amour en chef de file ; puis la haine, le sexe, le chagrin, la mort, l’ego…

Tu commences une tournée qui promet d’être intense. Quel est ton rapport à la scène ?

La scène c’est tout pour moi. Aujourd’hui, tout le monde peut enregistrer un disque de folie en 3 jours dans sa chambre. Sur scène tu es seul (dans mon cas sur cette tournée réellement seul) face à toi-même. Si tu n’es pas honnête, ça se sent tout de suite, aucun logiciel ne pourra cacher ça. Donc pour moi, la scène est le seul moyen de découvrir sa propre unicité, son « moi » artistique brut et décomplexé.

Tu dis ne pas savoir qui tu es. Tu es sur la bonne voie quand même ?

Oui, et justement grâce à la tournée. Mais c’est un travail extrêmement long et douloureux parfois. Je vois passer des stories Instagram de mes concerts sur lesquelles je ne reconnais pas ma manière de bouger ou de chanter. Et c’est ça qui te prouve que tu es sur la bonne voie. Quand tu te vois perdre le contrôle.

ryder-the-eagle

Tu t’inspires de quoi pour écrire ?

Comme je disais, de ce que je ressens au fond de moi. Souvent, je commence à chanter a capella un texte qui exprime ce que je ressens à un instant T. Puis la mélodie se construit entièrement autour. J’aime qu’un morceau puisse déclencher une émotion par le simple pouvoir de la mélodie, de la voix et du texte. Ensuite, j’introduis les accords et la rythmique.

J’ai l’impression que ta femme est aussi un peu ta muse !

99,9% de mes chansons parlent d’elle. Elle est une source d’inspiration inépuisable et magnifique. C’est ma muse, ouais, vraiment.

Notre média s’appelle BETC Pop ; tu en penses quoi de la pop culture ? C’est péjoratif pour toi ?

Pas du tout, bien au contraire ! La pop culture est intrinsèquement bonne car elle réunit les gens au lieu de les diviser. Mais elle connait bien sûr des hauts et des bas. Parfois on se réunit autour des Beatles ou de Madonna, et d’autres fois autour de Jul. Mais quoi qu’il arrive, on se réunit. En plus, l’existence d’une pop culture est indispensable à la création des contre-cultures.

The Ride of Love, disponible sur les plateformes de streaming. En concert le 4 décembre au Pop-Up du Label.

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