#MeToo, le nouveau hashtag témoignage

Le mercredi 18 octobre 2017 dans Lifestyle, Merci Internet

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Difficile d’y échapper, et c’est tant mieux. Voilà une semaine que l’affaire Weinstein et sa déferlante de dénonciations pour abus sexuels bouleversent le petit monde du cinéma.

La parole s’est libérée, enfin. Les actrices les plus connues (Angelina Jolie, Lea Seydoux, Asia Argento, Marion Cotillard, Isabelle Adjani…) ont tour à tour raconté leur histoire, déterminées à faire entendre le malaise devenu « normal » que représentent les pratiques du célèbre producteur.

Et puis ça a été l’effet domino. Ainsi la mannequin Cameron Russell a fait de son Instagram une tribune pour toutes ses congénères abusées, comme elle, de façon répétitive et quasiment systématique, par les hommes de leur milieu.

Extrait de l'Instagram de Cameron Russell

Extrait de l’Instagram de Cameron Russell

Le cinéma et la mode sont maintenant des milieux identifiés et clairement touchés mais seulement voilà, le harcèlement comme les agressions sexuelles sont monnaie courante quand on naît femme, quelque soit le poste que l’on occupe. Le hashtag #balancetonporc a déferlé par milliers de postes sur Twitter avec pour consigne de désigner son agresseur et de raconter l’anecdote associée dans le cadre du travail.

Du cinéma, à la mode, au travail et enfin à la vie courante il n’y a qu’un pas. C’est désormais #metoo qui a envahit nos feeds, après le tweet d’Alyssa Milano: « Suggested by a friend: If all the women who have been sexually harassed or assaulted wrote ‘Me too’ as a status, we might give people a sense of the magnitude of the problem. » Cette fois-ci, TOUTES les femmes sont enjointes à témoigner par l’utilisation de ce seul hashtag qu’elles ont déjà subit des abus sexuels. Du frotteur du métro au violeur récidiviste en passant par le collègue fatiguant, le relou des villes ou l’oncle libidineux, les filles, les femmes, ont toutes eu à gérer et à absorber des situations déplacées au moins une fois. C’est là du moins ce que l’on peut déduire du plus d’un million d’utilisations en trois jours, toutes plateformes confondues.

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L’idée bien sûr c’est la solidarité, de se parler entre femmes de choses devenues trop banales ou honteuses pour seulement les mentionner. Il s’agit aussi d’éveiller les consciences des hommes quant à la frontière entre séduction et harcèlement, tendresse et attouchement et sur la notion apparemment pas si simple de consentement.

En effet, si #metoo permet de libérer la parole des femmes, il dévoile aussi la difficulté tragique de pas mal d’hommes à comprendre ce dont il est question. Les « oh ça va si on peut plus rigoler » ont fusés, « cessez de vous victimiser, une petite réflexion c’est un compliment », aussi. Il y a aussi ceux qui soutiennent et qui tombent des nues devant la masse désespérante de #metoo dans leur feed, heureusement.

Reste à espérer que la solidarité entre femmes se muera très vite en alliance avec ceux qui comprennent et que tout ça choque parce qu’il pourrait s’agir de leurs petites sœurs si les comportements ne changeaient pas. On ne pourra plus dire qu’on était pas au courant.

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