Robin Campillo raconte un combat historique dans 120BPM

Le mardi 22 août 2017 dans Interview, Movies

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120 battement par minutes,  le nouveau film de Robin Campillo, sort aujourd’hui en salle.

Le film raconte la lutte contre le sida dans les années 90, à l’époque des balbutiements de la prévention et de l’apparition des traitements. On y suit Act Up, un groupe militant fondé en 1987 à New York dont l’antenne parisienne existe depuis 1989 ; l’attention est notamment portée sur deux d’entre eux, Sean et Nathan, et sur leur combat contre la mort.

Robin Campillo réalise un film à la fois intimiste et explosif. Un équilibre réussi quand on sait que cette histoire comporte une dimension autobiographique : il a lui-même rejoint Act Up en 1992. Le casting est divers avec Adèle HaenelNahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Simon Guélat mais possède un dénominateur commun : une grande partie des acteurs est homosexuelle. C’est l’âme d’Act Up, dont la majorité des membres sont homosexuels ; il est donc logique que le film qui lui soit dédié reprenne les mêmes armes.

La B.O. du film est composée par Arnaud Rebotini, spécialiste de la musique analogique. Pour le film, il a composé pas moins de 16 titres, et a revisité un titre emblématique de la communauté homosexuelle, le Smalltown Boy de Bronski Beat, porté par la voix de Jimmy Somerville. Là encore, le film porte à merveille son titre, 120bpm étant la vitesse de beaucoup de titres House ; une musique dont l’histoire est fortement liée à celle de la communauté gay aux Etats-Unis et dans le reste du monde.

Le film souffre quand même de quelques inégalités dans son traitement. Les réunions de l’association, notamment, peuvent paraître « plates » lorsqu’on les compare aux scènes de club ou à la Gay Pride, pleines d’énergie et de poésie, ou encore à la terrible mais inévitable dégradation de l’état de santé des membres séropositifs d’Act Up qui se battent malgré leur destin condamné.

Par son titre 120 BPM, Robin Campillo illustre le paradoxe de cette maladie : nous vivons pour aimer mais l’amour tue. Une idée parfaitement représentée dans le film lorsque, dans une boîte de nuit, une poussière éclairée par les projecteurs se transforme en virus. Et devient annonciatrice d’une mort certaine.

Et si le film raconte le passé, il n’en reste pas moins très actuel. Près de 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, dont 152 000 en France ; les personnes les plus touchées sont toujours les hommes homosexuels. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette maladie et ses conséquences, rendez-vous sur le site Sida Info Service ou sur celui d’Act Up.

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