[ITW] Gildas Rioualen organisateur du festival Astropolis

Le jeudi 01 juin 2017 dans A l'écoute, Bon plan, Interview, Music

Gildas Rioualen.jpg
1. Comment est né le festival Astropolis ?

 C’est une très bonne question et on me la pose rarement ! (Rire) Il a été créé en 1995 par une association de jeunes passionnés. Avant, on organisait déjà pas mal de concerts pop, et puis on a découvert les musiques électroniques en 93 avec la rave des Transmusicales de Rennes, un véritable éléctrochoc en Bretagne.

Puis on a voulu organiser un plus gros rassemblement qui serait un genre de rendez-vous. À l’époque, on était 1500/2000 raveurs. Au mois de Juillet 95, on a organisé un événement qui s’appelait « Astropolis » et déjà à la base il y avait 3 scènes.

On a rassemblé environ 1200 personnes aux côtés de Manu Le Malin devenu résident depuis, et il y avait aussi une salle hardcore avec Laurent Hô et un Chill Out. Et de cette petite soirée à 1200 personnes, on a rebondi pour en faire une autre.

On est parti à la bataille en faveur de la reconnaissance des musiques électroniques. Les médias et tous les gouvernements s’étaient appropriés le sujet des raves parties et c’est de là qu’a commencé la répression. Mais en 96, on a réussi à faire une soirée dans un parc des expositions.

C’était le premier évènement légal en Bretagne mais en réalité, on préférait être en plein air, donc on est ensuite allé au château de Keriolet à Concarneau. De fil en aiguille, l’aventure a continué et nous sommes toujours là, 23 ans plus tard.


© Maxime Chermat Photography - www.maximechermat.com

2. Justement, après 23 ans d’existence vous pensez tenir encore longtemps ?

(Rire) Je ne suis pas encore mort et donc « pourvu que ça dure » ! Je ne me suis jamais projeté, je vis un peu au jour le jour, édition par édition.Je sais aussi qu’on n’est jamais à l’abri d’un problème financier parce qu’on est en Bretagne. Il suffit qu’il pleuve toute la semaine de l’événement et là, c’est la ruine. On peut toujours avoir un accident technique ou n’importe quelle autre galère qui peut arriver dans ce type d’évènement.Mais c’est la passion qui m’a toujours poussé à faire ça, même dans les années 90 quand on subissait la répression.

 

3. Que penses-tu de l’évolution de la scène électronique aujourd’hui dans le monde ?

On peut dire qu’en ce moment c’est les années de gloire, artistiquement parlant et même au niveau de la recrudescence des événements.

On voit de plus en plus de jeunes lancer des projets avec des sélections précises et des lieux spécifiquement choisis. Enfin, ici tout est pensé et réfléchi tandis qu’à l’étranger ce sont de grosses structures qui prennent en main toute cette culture électronique. En France, on a dû se battre pour la reconnaissance de cette musique et c’est bon, à présent on l’a eue ! Maintenant, j’aimerais juste qu’on garde le cap et qu’on ne fasse pas comme certains pays.

Sous les arbres de Keroual - Maxime Chermat
4. Comment va s’établir le festival cette année ?

Cette 23ème édition aura lieu sur 3 jours du 30 juin au 2 juillet.

On développe pas mal d’évènements gratuits et en journée dont le Mix’n’boules, un concours de pétanque Place Guérin, des activités pour les plus jeunes avec l’Astro Family et la présence de Jacques pour animer l’Astroboum, un Vinyl Market sur deux jours à Passerelle, un Astrococktail, de grands rassemblements dans des parcs ou face à la mer avec Beau Rivage en collaboration avec le Piknic Électronik de Montréal.

On s’attache à proposer pleins d’évènements pour tous les publics et toutes les sensibilités électroniques, de jour comme de nuit. 

5. Tu es passé d’un festival pourchassé par la police à un festival sponsorisé par la Région Bretagne. Il y a quand même un grand fossé.

On n’est pas sponsorisé par la Région Bretagne mais c’est un partenaire de visibilité. Elle est intéressée par notre projet  car on fait énormément de découvertes et on fait également du développement artistique durant l’année.

On a un label et on tient à soutenir les jeunes de la région grâce à notre Tremplin Grand Ouest. Il y a 15 ans, tu jouais un maxi par Jeff Mills ou Laurent Garnier, tu trouvais 20 bookings. Aujourd’hui, on est plus facilement perdu dans la jungle et donc on passe facilement à la trappe.

  

6. Manu le Malin a été présent sur toutes les éditions. Tu imaginerais Astropolis sans lui ?

Un festival sans lui ? Non, il fait partie de l’association du festival et il a toujours été présent. C’est un ami aussi et quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect artistiquement. Il s’occupe aussi de la programmation de la scène Mekanik. Pour moi, dans le milieu hardcore et en tant que DJ, c’est l’un des meilleurs.

ASTRO23-ban (1)

7. Un artiste ou un track qui représenterait bien le festival ?

Vu qu’on est des anciens, on va prendre un truc « old school » alors je dirais : World 2 World (Underground Resistance) – Amazon. 

Instagram

Follow Us