[ITW] Desmond Myers

Le jeudi 23 mars 2017 dans Interview, Music

Anastasia & Federico Guendel

Anastasia & Federico Guendel

Desmond Myers, vient de sortir son tout premier EP « Brothers and Fathers » l’occasion pour nous de lui poser quelques questions

Mars 1992, Caroline du Nord, USA : Desmond Myers naît et grandit dans une ferme au milieu de trois grands frères et de dizaines de taureaux d’élevage. Alors que toute la famille est attachée à la terre de ses ancêtres, Desmond rêve d’ailleurs. Il gratte ses premiers accords en écoutant la collection de vinyles de son père : du rock des années 60/70, du blues… Quelques années plus tard, il a une nouvelle révélation en découvrant le rap et le RnB de OutKast, Mos Def ou Anthony Hamilton. A 18 ans, repéré par un producteur Allemand, il traverse l’Atlantique vers l’Europe. Sa famille y croit. Son père, en particulier, l’encouragera jusqu’à sa mort en 2014.

1 – Quel fabuleux métissage dans ta musique, comment es-tu venu à mixer Hip Hop, Rock et Soul ?

Je suis issu d’une famille qui écoutait énormément de blues, de rock et de soul. La soul (j’écoutais particulièrement le genre de soul qui était fabriqué dans le sud des États-Unis pendant les années 60) réunit parfaitement tous les éléments de la chanson pop : mélodie, structure, groove, et passion. C’est un format de chanson qui est juste la base de toute la musique d’aujourd’hui de deep house à dubstep… 

Mes parents écoutaient ça et j’ai kiffé aussi donc quand je suis devenu adolescent il n’y a pas eu de choc des générations entre “ma musique” et celle de mes parents puisque c’était la même… et puis j’ai écouté “Speakerboxxx / The Love Below” de Outkast, puis “The College Dropout” de Kanye West et pour la première fois j’avais “ma musique” qui devait être cachée des oreilles sensibles de mes parents (rires). C’était une étape importante pour moi qui m’a permis de découvrir ma voix, mais je n’ai jamais abandonné les racines musicales que mes parents m’ont donné, donc maintenant quand je compose j’ai ces deux vocabulaires qui ressortent. 

 

2 – Depuis combien de temps es-tu dans la musique ? 

Mes parents m’ont offert une gratte électrique comme cadeau de Noël à 11 ans et depuis ce jour je n’ai jamais voulu faire autre chose que de la musique.

 

3 – Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ? 

J’ai grandi dans une ferme où on élève des taureaux. Pendant qu’on travaillait mon père mettait la voiture à côté et on écoutait soit de la radio soit des cassettes (c’était une vieille haha) et il me faisait retenir les noms des groupes ou des chanteurs qui passaient. À chaque passage il me demandait “alors c’est qui ça ?” Plus tard j’ai compris que les gens vont à l’école pour ce genre d’éducation !

 

4 – Quels sont tes 3 classiques hip hop ?

Outkast – Roses

Kanye West – We Don’t Care

Mos Def – Do it Now (Ft Busta Rhymes)

 

5 – Quels sont tes 3 classiques rock soul ?

 Anthony Hamilton – “Southern Stuff” 

George Jackson – “Back in Your Arms” 

The Allman Brothers Band – “Statesboro Blues” 

 

6 – Quelle est la genèse de ce projet ? Combien de temps cela t’a-t-il pris ? Est-ce plutôt un EP spontané ou s’est-il étalé sur plusieurs années ?

Premièrement je dois dire que cet EP est issu d’une collaboration entre moi et un jeune Parisien qui s’appelle Arnaud Pujol. Cette rencontre m’a apporté énormément et c’est lui qui m’a aidé à trouver mon chemin musical. J’avais des titres et je voulais faire un EP quand je l’ai rencontré mais après avoir commencé le travail ensemble j’ai recommencé à zéro en remplaçant ces titres par quasiment tous les morceaux qui apparaissent aujourd’hui sur l’EP. La genèse du concept de ce projet est aussi venue à ce moment. Je parle beaucoup de ma famille ici mais cet EP parle de ça. Mon père est malheureusement décédé il y a deux ans, et début 2016 j’ai découvert sur mon ordi une photo de lui quand il avait à peu près mon âge. Ça me faisait flipper de penser que cet homme avait mon âge car je me posais tellement de questions sur le chemin que prenait ma vie à ce moment. Ça a inspiré tous les titres de l’EP. On a travaillé sur ce disque pendant un an.

 

7 – Mettre en image ta musique est-il important pour toi ? Avec qui travailles-tu ? 

 Pour ce projet c’était très important de mettre en image la musique car il y avait un vrai concept à défendre. Je suis américain et je vis en Europe depuis l’âge de 18 ans, pendant que j’étais adolescent je rêvais d’être ici, mais en composant ces titres j’avais très envie de mon chez moi. Donc on est parti pour faire deux clips dans ma ville natale : Statesville, North Carolina. Ce n’était pas mon idée à la base mais celle d’un réalisateur français qui s’appelle Alexandre Humbert. J’en suis très fier de ces deux clips, et on va sûrement continuer à bosser ensemble sur des futurs projets. 

 

8 – Peux-tu me parler du nom de ton Ep ? 

 Le nom de l’EP “Brothers and Fathers” est le nom d’une chanson dédié à ma famille, les paroles sont  “Brothers and Fathers, Mothers and Daughters, ever a song in my ears (Frères et Pères, Mères et Soeurs, une chanson qui résonne infiniment en moi.” C’est un hommage.

 

9 – Quelle est ta définition de la Pop Culture ? 

 Pop culture est la culture qui parle au peuple. C’est l’ancêtre des mythos grecs, ou les ménestrels au moyen âge en Europe, mais toutes les cultures ont des chanteurs ou chanteuses qui racontaient les histoires du peuple ou les troubles du quotidien.

 

10 – Quelles sont tes prochaines dates  ? 

 Le 5 avril je joue à Paris au Café de la Presse – 20h et entrée libre! 

Merci !

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