[ITW] A la rencontre d’Alexis Bernier ; Fondateur de Tsugi Magazine.

Le jeudi 09 mars 2017 dans Interview, Music

tsugi

Quel est le point commun entre le Libé, radio Nova, Fg Radio, Rock Folk, Trax, Reggae Mag ou encore le documentaire French Touch diffusé en 99 et remis au gout du jours par Arte cette année ?

=> La réponse : Alexis Bernier. Le fondateur de Tsugi Magazine a accepté de répondre à nos questions le temps d’une interview.

Si on vous demandait de faire la biographie d’Alexis Bernier par Alexis Bernier en 1 minute.

« Une minute, c’est un peu court, je vais essayer d’être bref alors. J’ai commencé dans le cinéma, ensuite j’ai écrit un livre qui m’a amené au journalisme. J’ai fait de la radio sur Nova, sur Fg, sur France Musique, France culture et France Inter. J’ai également travaillé sur le défunt magazine gratuit de Mc Donalds qui s’appelait « ça se passe comme ça ».

Après voir quitté Libé il y a maintenant 10 ans, j’ai fondé Tsugi avec quelques camarades. Nous sommes les patrons, les actionnaires et les journalistes de cette aventure. »

Tsugi en Japonais ça veut dire « ensuite » c’est ça ?

« Voilà, ça veut dire ce qui « vient après » « la suite » on cherchait un terme qui ne soit pas trop masculin, qui ait une sonorité un peu inattendue. On n’avait pas envie de faire « techno et partition », « guitare et clavier » ou « house magazine » on voulait un truc inattendu, on pensait sur le long terme et aux nouvelles tendances.  « Next » était pris par Libé, et tout simplement Next en japonais veut dire Tsugi »

Chroniqueur chez Libé, Nova, Fg Radio et journaliste pour Rock Folk, Trax, Reggae Mag… mais quel est votre style musical de prédilection ?

« Petite parenthèse pour notifier que Tsugi ne reflète pas uniquement mes goûts, la volonté du magazine c’est qu’il soit ouvert et pas uniquement électronique, que ce soit vraiment un mag de toutes les nouvelles tendances musicales, que ce soit Hip Hop, Rap FR ou US, Pop, Electro etc. Voilà on essaye d’être très varié.

Quant à mes propres gouts, je dirais qu’ils sont un mélange de Rock, d’électronique, et de chanson française principalement. »

C’était mieux avant la musique ?

« Non sincèrement je ne pense pas, je pense qu’il y a toujours autant de groupes intéressants, de toute façon il sort 4 ou 5 disques par an vraiment importants, tout comme les livres ou les films en fait. Après c’est vrai que la période est compliquée car en pleine mutation pour toutes les industries culturelles, et cette transition est un peu difficile à vivre, mais la musique et les artistes sont toujours intéressants à mon sens. »

 Spécialiste des années 70, mais aussi réalisateur d’un documentaire sur la French Touch en 99 – aujourd’hui fondateur et directeur de Tsugi, vous avez suivi l’évolution de la musique dans le temps. À quelle période est-il le plus intéressant d’être journaliste musical selon vous ?

Je dirais forcément une période que je n’ai pas vécue (rires), je dirais que les années 70 aux US ne devaient pas être mal, après la fin des années 70 en Angleterre ça ne devait pas être mal non plus avec le punk, et puis je suis très heureux d’avoir était journaliste au début de la scène électronique. J’ai commencé à écrire en 95 ce qui est déjà un peu tard en fait, parce qu’il y avait déjà les raves en France et il se passait déjà plein de choses, dès 90 mais surtout 92 ou 93, c’est des années que j’ai vécues, mais pas (encore) en tant que journaliste.

Qu’est-ce que la musique actuelle a à envier à la musique des décennies précédentes, et inversement ?

« Ce que la musique d’avant n’avait pas, c’est la simplicité d’exécution. Aujourd’hui il y a une totale démocratisation dans les moyens de productions et de diffusions, en revanche ce que la musique d’aujourd’hui n’a pas, parce que ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de nouveau style, c’est une certaine fraicheur.

Le rock existe depuis longtemps, pareil pour l’électronique, pareil pour le Hip Hop. Ca ne veut pas dire qu’il n y a pas de BONS groupes, mais beaucoup de choses ont été faites, il n y a donc pas la même excitation autour de la création d’une scène, d’un style de nos jours. »

Aujourd’hui, un français qui s’exporte est souvent qualifié de représentant de la « French Touch ». Est-ce que ce terme « French Touch » n’a pas perdu un peu de son sens en 2017 ?

« Alors déjà la French Touch ça veut dire beaucoup de choses, ça n’a jamais été homogène, ça n’a jamais été un mouvement avec un manifeste ou quoique ce soit de ce genre, les sons étaient très différents. On a beaucoup associé ça avec le discours filtré. En dehors de ça, je n’ai aucun souci avec le terme. Ce qui est certain c’est que la nouvelle scène électronique française, celle des Fakear, Superpoze & co ne s’en revendique absolument pas, ce n’est pas du tout le même univers. La touche française était très tournée vers celui des clubs par exemple.

Je suis toujours attaché au terme, parce que je viens d’une génération ou tout d’un coup on a vu la presse mondiale chroniquer des disques français, et je viens aussi d’une génération plus ancienne ou ça n’arrivait jamais. Ca fait vraiment plaisir de voir cela arriver. Voilà je n’ai aucun souci avec ça, j’aime bien ce terme : touche française (plutôt que French Touch) d’ailleurs. »

Votre BO de film préférée ?

« C’est drôle, je l’ai réécoutée il n’y a pas longtemps, celle de Furyo de Ryuichi Sakamoto. Accessoirement il y a un morceau qui n’est pas sur cette bande originale mais qui est paru presque au même moment, qui est une espèce de single, chanté par David Sylvian & Ryuichi Sakamoto qui s’appelle Bamboo Houses, c’est vraiment la même mouvance et même période, on peut éventuellement les associer. »

Le son qui ne vous a jamais lassé

éJe dirais un riff de guitare pour être provocateur (rires). »

 Vos 3 sons préférés, que ce soit lié à votre ligne édito chez Tsugi, ou pas nécessairement d’ailleurs, vos goûts personnels.

« Clairement le personnage issu de la scène électronique française que je trouve le plus intéressant c’est Jacques. J’aime beaucoup Justice aussi, depuis toujours. Et pour rester dans la sphère électronique, il y a l’album « Holy Ghost People » de Dollkraut« 

 A l’approche de la saison des festivals, si vous deviez en choisir un, lequel serait-ce ?

« Le Yeah à Lourmarin, parce que c’est un festival à taille humaine, dans un cadre hyper agréable et par ailleurs, c’est un mélange de toute les cultures musicales que j’aime, que ce soit du rock, de l’électronique, ou éventuellement du hip hop. Des manifestations comme le Midi Festival sont très sympas aussi, en fait tout ce qui est à taille humaine et qui mélange les univers musicaux. »

 Vos meilleures adresses à Paris pour boire un verre ou sortir ?

Vu mon age ça sera plutôt des restos (rires) : Le Baratin, Au Deux Amis qui mélange bar et resto et puis le Trabendo pour aller voir des concerts

 Votre définition de la pop culture ?

« La pop culture, c’était quelque chose de très cool il y a encore quelques années et qui est devenue insupportable à partir du moment où on lui a donné un nom. C’était toute la culture qu’on ne nommait pas, la culture qui était en marge, c’est le cinéma bis, le rock hardcore ou porno hardcore, toutes ces cultures un peu parallèles, qui étaient réellement des cultures mais qui sont devenues beaucoup plus pénibles maintenant que cela a un nom.

Il y a dans tous les magasins des rayons pop culture, une avalanche de livre dessus, toutes les marques ont envie de s’intéresser à la pop culture. C’est comme une manière de vouloir toucher les « millenials » qui est le nouvel eldorado des marques. Mais je n’ai pas de problème avec les marques par ailleurs. »

PDM.

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