[ITW] MATTHIEU GAMET

Le mardi 20 décembre 2016 dans Fashion, Interview

150CARL1006345

A la rencontre de Matthieu Gamet,  directeur de la marque Kulte et président de la Maison Méditerranée des Métiers de la Mode (MMMM).

Directeur de la marque Kulte, Président de la MMMM, comment ses activités se complémentent ? 

Je suis en charge de toute la jeune création régionale et méditerranéenne ainsi que de la formation des futurs managers des métiers de la mode.  La Maison Méditerranée des Métiers de la Mode gère un incubateur d’entreprise et déniche des talents. Nous organisons le concours de Mode M-Major (méditerranean fashion price) afin de donner des moyens de communication et de commercialisation à de jeunes talents qui le méritent. Ce sont deux activités complémentaires où j’ai la chance de pouvoir croiser un nombre important de jeunes créateurs. J’essaie d’amener mon expérience, du sang neuf et des nouvelles idées pour faire avancer mon projet Kulte.

Quels sont les prochains enjeux pour Kulte ?

Pérenniser une marque c’est une chose mais il faut arriver chaque année à séduire un nouveau public. 18 ans d’existence ça veut dire que cette marque est devenue intergénérationnelle et que je peux aussi bien habiller un homme de 45 ans qu’une jeune femme de 18 ans. L’enjeu c’est d’arriver à continuer à faire vivre ce projet et à le faire rebondir avec toutes les difficultés que l’on connaît, à savoir un ralentissement certain du marché vestimentaire.

logokulte-970x300

Peux-tu nous parler du dynamisme marseillais ?

Depuis 2013, il y a eu un énorme changement. La capitale européenne de la culture a été un tremplin incroyable et la plupart des gens qui ne voulait pas trop revendiquer l’identité Marseillaise ce sont aujourd’hui complètement accaparés cette identité. Marseille est devenue un lieu de rendez-vous, il y a plus d’opportunités et plus de place.

Quel est le lien entre Kulte et l’art, la musique ?

Au niveau de la marque, on compte plus de 350 collaborations, que ce soit avec des marques de vêtements ou dans la musique. On a aussi un lieu : « Rive Droite », complètement Alternatif ou on a réussi à mixer notre marque et nos passions via l’intégration d’un studio de musique au sous-sol. On a des ventes de vêtements Kulte mais aussi d’autres créateurs, d’autres marques que l’on invite à venir proposer leurs gammes de produits. On crée des Pop up Store et cela évolue au grès de nos envies et de nos rencontres.

Le lien avec la musique est pour nous tout à fait naturel. Dès le démarrage de Kulte, on a tout de suite commencer à collaborer avec des artistes, des labels et des festivals de musique. Les Transmusicales, Midi festival, Cabourg Mon Amour, Baleapop, et le Festival Marsatac qui fête aujourd’hui ses 18 ans et qui fait parti du patrimoine Musical de cette ville. Nous avons aussi une relation particulière avec La Dame Noire qui d’un petit bar de quartier est devenu un label dont les produits  se vendent chez Colette à Paris et qui reçoit les meilleurs DJ internationaux.

L’idée est d’associer Kulte à la musique et à tous mouvements ou groupes qui demain pourraient être Kulte. On produit des compilations de musique, des podcasts mensuels et on est actuellement sur un projet de radio en streaming.

Comment expliquer cette effervescence Marseillaise ?

Depuis 2013 les regards se sont braqués sur Marseille, sur ses grands espaces et son potentiel de développement économique. C’est un peu comme cette histoire où les 39 premiers baigneurs vont tous au même endroit mais le 40ème se dit qu’il y a trop de monde sur la plage et part s’installer dans un nouveau coin, dans une nouveau quartier.

C’est un phénomène que l’on a vu à Londres et à Paris : il y a toujours un quartier qui d’un seul coup se met à s’animer, souvent drainer par des artistes ou certaines communautés qui s’installent en premier. Des boites de production se mettent en place, des marques de vêtements (plus de 150 marques régionales), l’industrie du textile sur Marseille et sa région représente 1 Milliard d’euros de chiffre d’affaire et plus de 20 000 emplois. Le public ne le sait pas encore mais c’est la deuxième ville de mode en France. En revanche les professionnels commencent à s’en rendre compte : les loyers sont moins chers et le cadre de vie est plus intéressant qu’ailleurs.

Que penses-tu du salon Who’s Next ?

Cela a été pendant plusieurs années un excellent tremplin. C’est le cas encore aujourd’hui, c’est un lieu incontournable car la plupart des marques continuent à travailler sur des systèmes de saison et de présentation de collection. C’est un phénomène qui est en train de changer. Aujourd’hui on passe sur un mode de production plus rapide, dites de mode instantanée (see nowbuy now). Tu ne vas pas dessiner une collection maintenant pour la vendre dans un an parce les grands groupes auront déjà eu le temps de te doubler et de te piller.

Pour les marques c’est un challenge de s’adapter aujourd’hui. Le Who’s Next doit aussi s’adapter. Ils ont de bonnes idées et laissent toujours de la place aux jeunes créateurs. Cette année, la thématique c’était la méditerranée.  10 créateurs de la MMMM ont eu la chance d’avoir un espace dédié et cela a été un franc succès.

Marseille est-elle une ville de mode ?

Marseille est clairement une adresse Mode montante. Il faut que cette ville devienne la métropole de la mode du sud de l’Europe. C’est un challenge qu’on est en train de relever aujourd’hui. On a d’ailleurs plusieurs rendez-vous  avec Who’s next pour essayer de proposer ce type d’initiatives. Notre problématique est la suivante : Comment déplacer, comme Barcelone a réussi à le faire, le mouvement « Bread And butter » à Marseille.

Un projet est en cours : Open My Med, il y a eu une première édition l’été dernier avec le jeune couturier Yacine Aouadi en plus d’une exposition de mode au MUCEM est rentré dans les calendriers de Haute Couture. Avec ce projet, c’est la première fois que la mode entre vraiment dans la dimension culturelle de la ville de Marseille.

Quand aura lieu la deuxième édition ?

La deuxième édition d’Open My Med aura lieu de Mai à Septembre 2017, sublimée par le MUCEM, le Musée d’Art Contemporain, la Vielle Charité et le Musée des Arts Décoratifs.  On va pouvoir positionner cette ville comme une ville de mode. C’est quand même médiatiquement beaucoup plus intéressant et plus glamour d’habiller Marseille avec des robes qu’avec des Kalachnikov et des règlements de comptes, qui certes existent, mais ne font pas du tout parti de notre quotidien.

#POPinMarseille

A — M — D

Instagram

Follow Us