Weyes Blood, prêtresse folk

Le vendredi 16 décembre 2016 dans Music

Weyes Blood, la folk envoutante de Natalie Mering

Un concert lumineux à l’espace B fin novembre… un featuring prometteur avec Perfume Genius annoncé pour la 3ème édition du Marfa Myths festival… Deux bonnes raisons de revenir sur l’un des plus beaux albums de l’année.

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Parce que, non, 2016 c’était pas que l’année du rnb

À l’heure où toutes les rédactions se divisent pour boucler leur top 10/50/100, le constat s’impose : 2016 aura sans conteste marquée l’apogée du retour en force, et en forme, du rnb. Du côté des confirmés (Solange, Beyonce, Frank Ocean, Blood Orange, ou plus récemment le virage Soul rnb de Childish Gambino) comme des new comers (Princesse Nokia <3). Cette déferlante de beats et de très bons flows nous ferait presque oublier le pouvoir d’un album pop réussi. Presque…

Main de fer dans gant de velours

Front Row Seat to Earth, le 3ème album de Weyes Blood est là pour nous le rappeler. Depuis septembre, à force de l’écouter en boucle, ça a fini par devenir une obsession totale. Porté par la voix puissante de Natalie Mering et bercé par des instrus folk bien taffées, c’est un petit bijou de poésie débridée où se mêlent harpe, synthé, piano et guitares. Ce qui captive aussi c’est le paradoxe de cette jeune chanteuse bien moins sage que son apparence ne le laisse penser.

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Generation Why

A 28 ans, cette native de Santa Monica est déjà une vétérante. Complice des expérimentations d’Ariel Pink & Jackie O Motherfucker, elle évolue sur la scène indé depuis 10 ans. Cet album est donc aussi celui d’une certaine maturité où elle laisse enfin s’exprimer toute l’étendue de son talent. Derrière les gentilles balades mélancoliques, on découvre un song-writting piquant et engagé, un faux sérieux qui éclate également dans les quelques clips dévoilés depuis septembre. Quand elle troque son élégant costume bleu électrique (« Used to be »), c’est pour une queue de sirène (« Seven Words ») ou pour se travestir en bucheron ( « Do You Need My Love » ). Touche-à-tout, Natalie passe même à la réalisation sur « Generation Why », un des titres clefs de l’album, satire douce-amère de la génération « millennials » et des dérives d’une société qui se fait bouffer le cerveau par les réseaux sociaux, le téléphone et les ordinateurs (littéralement dans le clip).

À noter, derrière Weyes Blood, l’excellent label Mexican Summer (Connan Mockasin (autre obsession…), Ariel Pink, Allah-Las, Quilt, Beast Coast, Beaches, entre autres…) coorganisateur depuis 3 ans du Marfa Myths Festival dont le line-up vient tout juste d’être annoncé. Marfa quoi ? On ne vous en dit pas plus pour l’instant mais tout ça donne très envie d’enfiler une paire de santiags pour aller se perdre dans le désert texan. #PopinMarfa ?

 

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