[ITW] L’Islande en sons et images par Olafur Arnalds

Le vendredi 12 août 2016 dans Interview, Music

 

Olafur Arnalds dévoile son Islande en 7 tableaux

Après Found Songs, où tu as sorti un morceau par jour, tu présentes maintenant Island Songs, ton nouvel album visuel composé d’un clip par semaine pendant 7 semaines. Qu’est ce qui te plaît dans l’exercice de composition en un temps défini ? 

J’aime travailler sous pression ! Le but de Found Songs était de me détacher de ma tendance au perfectionnisme, où l’on bosse tellement sur un morceau qu’il finit par perdre son âme en corrigeant toutes les erreurs. De rendre ces morceaux publics tout de suite, parfois dans une version incomplete, permet d’avoir des éléments d’impros qu’on ne retrouverait pas autrement.

Ta musique a un aspect très visuel, cinématographique, et sur Island Songs tu as décidé de faire un projet entièrement audiovisuel. Qu’est-ce qui vient en premier dans Island Songs ? La composition sonore ou visuelle ? 

J’adore comme les arts peuvent s’influencer entre eux, en mélangeant les médiums. J’aime beaucoup travailler pour le cinéma et la télévision en m’interrogeant sur ce que m’inspire une image, ou vice-versa. Dans ce projet, beaucoup des morceaux ont été écrits en partant d’une idée qu’on avait pour la vidéo. Par exemple, pour la 1ere chanson, tout est parti de cette idée d’avoir un gros plan sur un poète lisant avec une image qui s’ouvre petit à petit sur des cordes, j’ai ensuite composé la musique.

Tu as sorti un disque nommé « Collaborative Works » avec Nils Frahm, mais plus qu’un titre d’album ça semble être ton motto ! Que préfères-tu dans le travail de collaboration ? 

Pour moi, la collaboration est l’essence de l’Art, il n’y a pas de partie préférables à d’autres. Même quand les gens travaillent seuls, ils sont inspirés par d’autres, il y a toujours un dialogue. J’ai besoin de toujours apprendre des autres, de trouver des gens pour me challenger, c’est vraiment ce que je recherche sinon la flamme s’éteint.

J’ai eu le plaisir de te voir au Peacock Society sous le nom Kiasmos, ton duo electro avec Janus Rasmussen. Quelle est pour toi la différence entre un concert dans un cadre « classique » et un festival en warehouse ?

J’essaie de ne justement pas trop faire de différence entre ces deux contextes, de garder toujours un feeling d’intimité avec le public que cela soit dans l’écoute pure ou dans la danse. Beaucoup d’artistes techno on tendance à se cacher derrière leurs machines, avec des jeux de lumière qui les font disparaître. J’ai pour ma part l’habitude d’être assis face à un immense piano, en pleine lumière, et à parler avec mon public. La techno n’est pas très bavarde, mais avec Janus nous voulons être dans la lumière, danser, entrer en communion avec le public. C’est une autre forme d’expression par rapport à ce que je fais d’habitude, mais ça reste le processus d’un artiste donnant sa musique à un public.

Quel est ton premier souvenir musical ? 

Ma mère jouait de la guitare et quand j’avais environ 5 ans elle m’a appris à jouer le Mi mineur. C’est juste 2 doigts sur la guitare, l’un des premiers accords que les gens apprennent. J’étais tellement heureux de « savoir jouer de la guitare » que j’ai joué Mi mineur jusqu’à ce que mon pouce soit enflé, pendant 2 ou 3 heures sans interruption !

Tu as commencé par être batteur de punk, un genre bien éloigné de ce que tu fais aujourd’hui, en quoi cela influence-t-il ta musique aujourd’hui ? 

Les batteurs n’utilisent pas de notes, ils ne pensent pas non plus en beats mais utilisent des « barres », une séquence qui regroupe plusieurs beats en même temps. Et c’est par « barres » que j’essaie d’approcher le piano !

3 jeunes artistes Islandais à faire découvrir au public français ? 

Soley, Samars et Agent Fresco.

Qu’est-ce que la Pop Culture pour toi ? 

C’est en quelque sorte la proue du bateau en Art, c’est ce qui montre la route. C’est aussi quelque chose que les gens vont chercher à imiter. Ma musique n’est pas particulièrement pop, mais j’aime beaucoup tout ce qui touche à la Pop Culture, je pense qu’elle a mauvaise réputation mais que les véritables artistes ne devraient pas chercher à éviter d’en faire partie à tout prix. Je ne comprends pas vraiment cette tendance à trouver « pas cool » tout ce qui est populaire, mainstream. Les artistes dans les années 70, 80, utilisaient la Pop Culture, ils la commentaient à travers leur art.

 Un son par décennie ? 

60’s = The Beatles – A Day in a Life

70’s = Nina Simone – Baltimore

80’s = Talking Heads – This Must Be the Place

90’s = Tupac – Changes

00’s = Destiny’s Child – Say My Name

by Joz2p

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