Boire un café avec Basile di Manski …

Le mardi 28 juin 2016 dans Interview, Music

13518284_10153686043921711_11883481_o

Ce n’est pas tous les jours qu’un personnage profond et poétique qui se trimballe en petite tenue vous propose de boire un café matinal !

A la sortie de son premier EP, sorti sur Pain Surprises, nous avions eu un réel coup de coeur pour la musique de Basile di Manski. Un coup de coeur que nous tenions à partager en live avec vous le 6 juillet pour notre première soirée Melting POP ; mais avant, faisons connaissance …

In Camera, ton premier EP, est sorti il y a 4 mois. Comment se porte le bébé ?

Très bien ! C’est marrant parce qu’il y a eu plusieurs phases, d’abord à la sortie un petit effet d’accumulation et puis ensuite pendant 2-3 semaines rien… Et un nouveau souffle qui s’est fait par le live, j’ai pas mal de dates qui arrivent, j’ai un projet de tournée dans les chambres d’hôtels et un nouvel EP sur lequel je suis en train de bosser pour le sortir très bientôt.

Comment as-tu rencontré ton label Pain Suprise ?

Ils ont entendu un de mes tracks via les mecs du Tournedisque et sont venus me voir en concert au 114, il y a plus d’un an. C’était un concert où je parlais beaucoup, où je jouais des cassettes, ça préfigurait un peu ce que je fais maintenant. Puis ils m’ont proposé de venir voir le studio et enfin de bosser ensemble.

Cette idée de jouer dans les chambres d’hôtels t’est-elle venue dès le départ ? Tu as toujours eu envie de faire de la musique « de chambre » ?

J’ai beaucoup fait de la musique dans ma chambre, mais c’est plus venu de mon rapport au live, jusqu’à il y a peu j’étais un peu rebuté par les concerts. J’avais pas envie de faire des grosses scènes, il y a plein de choses que je reproche aux concerts en France aujourd’hui, je voulais de l’intimité, et l’idée de la chambre d’hôtel est venue de manière assez fluide.

Qu’est-ce que tu reproches aux concerts en France ?

On voit beaucoup de concerts, mais très peu de spectacle. Les artistes « French Touch » sont hyper fermés, je sais pas si vous avez déjà vu Air en concert mais on dirait qu’ils ont tous les deux perdu leurs mères avant de monter sur scène ! Et on a été un peu habitué à ça, même Phoenix que j’adore a une attitude scénique où il ne se passe rien même si c’est impeccable musicalement parlant. J’ai pas mal traîné dans le milieu de la production de spectacle notamment de théâtre, et c’est tellement beau un spectacle, on oublie tout. T’as pas l’impression d’avoir juste appuyé sur play.

Quand on est venu te voir à l’hôtel lors du lancement, tu nous a raconté plein de jolies choses et lu des extraits d’un livre que tu as écrit … 

Oui j’adore parler aux gens, avoir une interaction. Avant je n’écrivais pas à l’avance ce que j’allais dire en concert, maintenant je prépare une trame, des punchlines comme ça je suis sûr de me faire comprendre. Quand on a la chance d’avoir des gens qui nous écoutent, il faut savoir ce qu’on veut leur dire.
J’ai sorti un livre il y a deux-trois ans, et aujourd’hui j’ai un nouveau projet, toujours de la poésie en prose. Ça fera peut être aussi l’objet d’une série sonore sur un thème rétro-futuriste.

En écoutant ta musique et en regardant ton esthétique, on a envie de te parler de l’Italie …

J’ai jamais parlé Italien chez moi, mon arrière-grand père était italien, c’est une culture que j’ai toujours aimé. L’Italie pour moi c’est un peu une réalité parallèle à la France, c’est un peu ce qu’on aurait pu devenir avec plus de soleil, on a une telle base commune et on est pourtant si différents. J’ai vécu un peu là bas pendant mes études et c’est un pays où je retourne tout le temps. Il y a un rapport à la beauté qui est différent, la beauté est partout, et elle a quelque chose de Pop, et quelque chose de doux.

3 artistes à écouter en 2016 ?

Polnareff, Fatima Yamaha et Doc gynéco parce qu’on a été hyper dur avec lui ces derniers temps, je pense qu’il s’est fait surprendre par son public pendant ce concert. Je sais pas si vous avez vu les vidéos, mais les gens chantent plus que lui, c’est bizarre d’être à un concert où ton public n’a pas besoin de toi, c’est pas un karaoké. Personne ne l’a laissé assurer le show.

Qu’est-ce que la Pop Culture pour toi ?

Je pense que c’est juste la culture du plus grand nombre, c’est aussi le futur de tout ce qui est underground, tout ce qui est à la marge tend vers le centre.
Tu peux être pop toute ta vie, comme Daho ou Gainsbourg. C’est à cet endroit là que tu as le plus d’impact sur les gens, sur ton époque. C’est une contrainte artistique, et je ne me vois pas trop faire autre chose. Mon rêve secret c’est d’être un prophète ! De dire des choses et qu’elles soient entendues.

Un son par décennie ?

60’s = Nights in White Satin – The Moody Blues (les paroles c’est du Rimbaud)

70’s = Julia – The Beatles

80’s = Lost in the Supermarket – The Clash

90’s = Ma Salope à moi – Doc Gynéco

00’s = The End has no End – The Strokes

10’s = Forever Dolphin Love – Conan Mockasin

Instagram

Follow Us