[ITW] I COULD NEVER BE A DANCER

Le lundi 09 mai 2016 dans Interview, Lifestyle


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Quelques questions pour I Could Never Be A Dancer suite au dernier film Lacoste « Support With Style »

Vous avez pu apprécier leur travail au travers de clips tels que ceux de Keren Ann ou de Willy Moon mais également de publicités comme Air France, Chloé, Cartier … A l’occasion des Jeux Olympiques, le duo de chorégraphes et réalisateurs I Could Never Be A Dancer collabore maintenant avec Lacoste et The Shoes. Pour en savoir plus sur la façon dont ils ont crée ce clip mais également sur l’évolution de la danse, nous sommes allés leur poser quelques questions !

– Racontez nous un peu votre histoire, comment avez vous commencé ?

Nous avons commencé séparément, puis avons évolué ensemble !

Nous avons des formations très différentes : Carine une formation de ballerine dès son plus jeune âge, Olivier une formation de prof de Lettres Classiques, avant que la danse ne s’impose.

Nous nous sommes rencontrés d’abord amicalement, puis avons collaboré sur des pièces de danse contemporaine. Mais très vite, nous avons croisé le monde de la mode, via la Fondation Cartier et le designer Gaspard Yurkievich, et cela nous a terriblement excités. La mode et plus largement la communication de marques de luxe sont devenues ensuite notre terrain de jeu.

Et une fascination commune : la pop culture.

– Cela fait un petit moment que vous faites ça … comment la danse évolue-t-elle à vos yeux? 

Ce sont les esprits et les idées sur la danse qui évoluent. Depuis environ 3 ans, la danse sort de la scène et du vidéo-clip pour s’inviter dans toujours plus de médias et de supports, elle est devenu un élément très crédible dans la communication de marques. Qu’elle soit vue comme un sport, avec ses dimensions d’effort et de ténacité, ou comme un art, avec son élégance, son esprit, son aspect graphique, plusieurs marques s’y reconnaissent aujourd’hui.

La danse contemporaine s’est démocratisée, le classique est redevenu en territoire de recherche excitant, les danses urbaines deviennent de plus en plus riches et sophistiquées, des danses niches ou marginales deviennent mainstream. C’est une belle époque !

– Y a t il des musiques plus « faciles » que d’autres sur lesquelles danser ?

Tout dépend de quelle danse on parle, de quelle démarche artistique.

Merce Cunningham et John Cage composaient des partitions indépendantes qui étaient réunies quasiment au dernier moment. La danse contemporaine affirmait son indépendance vis à vis de la musique.

Les danses pop et urbaines sont quant à elles beaucoup plus liées à la musique. Le « L.A. Style », par exemple, est souvent une traduction corporelle très fine et synchrone de différents sons ou de la voix de tracks hip-hop/R’n’B/trap.

Un génial freestyler pourra toujours danser l’indansable en réagissant à toute sorte de sons ou de rythmes.

– C’est différent de chorégraphier un clip musical et un spot publicitaire ? 

Quand nous créons une chorégraphie ou réalisons un film dansé, le concept est toujours notre moteur principal.

Ensuite les démarches diffèrent pas mal :

Il y a dans le clip une plus grande liberté. Dès lors qu’un artiste/un label a choisi un chorégraphe et/ou des danseurs, il y a une certaine jouissance à donner son interprétation de la chanson de l’artiste, en restant dans le concept du clip.

Pour un spot publicitaire – on s’en doute – les contraintes sont plus précises : il y a l’histoire/l’ADN de la marque, les caractéristiques du produit, le concept du film, les goûts du réalisateur, de l’agence, du client, etc… Mais c’est un jeu qui nous amuse et nous stimule, de trouver comment aborder tel ou tel projet.

La durée est aussi un facteur important : dans un spot publicitaire nous devons être immédiatement signifiants, condenser la quintessence du concept chorégraphique en quelques secondes.

– Quelles ont été vos inspirations pour la chorégraphie et réaliser le spot « Beautiful Supporters » de Lacoste ? 

Il y avait comme principe de départ de rendre visible la musique par la danse et par le mouvement d’apparition de sièges de stade dans Paris. Donc la première influence évidente était « Around the World » des Daft (mais cela tient plus du substrat cognitif ou du dénominateur commun à toute notre génération !).

Ensuite, plein d’influences ce sont mélangées : le clip de OK GO « all is not lost », le clip de Shugo Tokumaru « Katachi », le clip interactif de De Jeugd Van Tegenwoordig « 3-in1 » (réalisé par Lernert and Sander), etc…

Mais au final, on s’est beaucoup affranchis de ces références pour arriver à un objet assez nouveau, dont nous sommes ravis !

Pour la chorégraphie, se sont les gestes et attitudes des supporters qui ont été notre inspiration principale : comment transformer ces mouvements presque inconscients, qui surgissent, en une danse graphique, élégante, pleine d’esprit, fraîche et entrainante.

Nous étions en périphérie du sport et cela nous ressemble assez bien !

Il y a aussi dans le film une dimension architecturale qui était très importante pour nous. Nous aimions l’idée de montrer Paris sous un angle différent, loin de la carte postale, en traitant 4 sites parisiens d’une façon très graphique, qui pouvait faire penser à Niemeyer, l’architecte brésilien par excellence.

– Comment avez vous travaillé avec The Shoes pour la composition originale ?

En très bonne intelligence et avec plaisir ! Nous étions très excités à l’idée de collaborer avec eux.

Nous les avons rencontrés au tout début du projet car la musique était essentielle : ce film est pensé presque comme un clip, donc tout devait partir de la musique. Puis nous leur avons donné en références certains de leurs morceaux et enfin nous les avons rencontrés pour convenir de mots-clefs, de principes, comme par exemple, les différentes « couches » musicales, les onomatopées des supporters et l’importance du rythme : comme il s’agit des Jeux olympiques de Rio, une rythmique inspirée de Baile Funk mixée avec leur influences plus « new wave » et l’esprit positif et lumineux de Lacoste ont donné ce track vraiment inédit et super cohérent.

– On se couchera moins bêtes : Avez vous 3 clips / films de danse à nous recommander ?

« Mine » réalisé par Tell No One – géniale utilisation de la danse pour un discours commercial, mais totalement artistique, avec de remarquables effets spéciaux. On se demande encore un peu comment c’est fait. (vidéo ci-dessus)

Improvisations techniques de William Forsythe. Finalement se sont les meilleurs clips de danse : ce sont des mini-cours d’improvisation, en vidéo pour, à l’époque, un CD-Rom, par le chorégraphe de génie William Forsythe : c’est totalement virtuose et en même temps tu comprends tout !

Et enfin tout de Busby Berkeley !

– C’est quoi pour vous la Pop Culture ?

C’est ne pas être complètement seul quand on est seul à Ulaan Baatar.

Pour continuer votre immersion au coeur de la danse, BETCPop vous conseiller d’aller regarder la dernière émission de Personne ne bouge

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