Que penser de H&M featuring M.I.A ?

Le lundi 11 avril 2016 dans Fashion


MIA se vend ou H&M s’achète une image ?

Si vous aussi vous êtes mitigés quant au featuring entre M.I.A et la marque suédoise H&M à l’occasion de la « Recycle Week », la rédaction vous donne ses arguments et vous êtes invités à participer au débat sur Twitter

H&M par @Jcointy : concept marketing 98% – légitimité 2% 

« H&M est engagé dans la durabilité depuis des années », cette phrase on ne peut plus bateau est tirée d’un communiqué de la marque ; tourné de manière floue pour qu’on ne puisse rien lui reprocher, cet engagement remonte en réalité à 3 maigres années de collections « conscious », de logo façon gazon et de Recycle Week. Croit-on vraiment à cet engagement de la part d’une marque de fast-fashion aux méthodes de productions peu consciencieuses ? L’idée de s’associer avec M.I.A est de bon augure après son dernier clip sur les frontières bien que l’on fasse quand même assez vite le lien entre les origines de la chanteuse, l’emplacement des usines de la marque et la traite de ses employés … En bref, c’est sympa de mettre la chanteuse qui buzz et qui « défend » des droits pour inciter ses consommateurs au recyclage de tissus mais la vraie idée d’H&M serait plutôt d’agir plutôt que de parler, surtout quand la vidéo ressemble à de la propagande pour les pays d’Afrique et qu’ils mettent en avant des tentes faites en tee-shirt ! En voilà une bonne idée de recyclage, tiens !

M.I.A par @Joz2p: 70% fumisterie, 10% marketing et 20% artistique 

Mathangi Arulpragasam, artiste rebelle, prêtresse de la hype, fille de révolutionnaire, porte-parole et porte étendard des veuves, orphelins, réfugiés, queers, roux, de tous les opprimés. Ton flow est toujours aussi cool, tes sons donnent toujours envie de danser, tu décides de parler réchauffement climatique, de société de consommation, tu appelles à la régénération des nations, bref, on a envie d’y croire. C’est qu’on te croyait loin d’être bête et toujours aussi engagée. Mais cette collaboration avec H&M nous met le doute. Qu’est-ce qui t’as motivé pour aller incarner l’un des plus gros rouages d’usine/sweatshops d’Asie ? Le fric ? La pension alimentaire versée par ton ex-mari milliardaire ne te suffit pas ? Où étais-tu quand des milliers de personnes sont mortes étouffées ou écrasées sur les décombres du Rana Plaza en 2013 ? Et ceux qui ont péri brûlés quelques mois plus tard ? Et les usines délocalisées en Ethiopie car la main d’œuvre asiatique (qui s’est ensuite enfin permis de dénoncer des conditions de travail inhumaines) a commencé à poser problème ? Comment peut-on chercher à faire passer un message de progrès, d’innovation et d’amélioration de la société lorsqu’on en bafoue les piliers fondamentaux ? Quand tu appelles à l’ouverture des frontières, maillot du PSG estampillé « Fly Pirates » sur le torse, on a envie d’y croire, et de se rallier à ta cause. Mais là c’est l’incompréhension, un peu de gêne, beaucoup de ras-le-bol de la machine marketing (et pourtant nous bossons en agence de pub), et une envie de cesser de prendre les gens pour des cons. Tu savais qui était H&M. Comme nous tous. Ce qu’ils faisaient. Comme beaucoup d’entre nous. Et, comme trop peu d’entre nous, ce qu’ils cachaient sous le vernis des bonnes intentions. L’enfer en est pavé, et ce sont des milliers de travailleurs dans des pays en développement qui le vivent au quotidien pour nourrir le monstre de la fast-fashion. Je n’arrive pas à croire que tu ne l’aies pas su, ni à comprendre pourquoi tu l’as fait. Mais tu viens de perdre une partie supplémentaire de ta street-cred, et de mon respect… Même si tu gardes mon envie de danser.

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