[ITW] Philippe Katerine

Le vendredi 08 avril 2016 dans Interview, Music

À l’occasion de la sortie de son nouveau « Film » (son nouvel album) aujourd’hui, on a discuté avec le génial, l’unique Philippe Katerine afin de lui poser nos questions les plus folles ! Une interview à l’image du personnage : iconoclaste et sincère.

Une photo publiée par @betcpop le

Katerine est un personnage qui ne peut laisser personne indifférent avec son univers unique bien à lui. Son nouvel album « Le Film », deux eux ans après « Magnum », nous révèle un disque toujours aussi burlesque et déjanté mais plus doux.

On a passé un « Moment Parfait » avec l’artiste pour lui poser nos questions les plus folles !

Philippe Katerine - Chanteru, Musicien, acteur, comedien - Photographié chez lui - 28 Janvier 2016 - Bougival

Philippe Katerine – Chanteru, Musicien, acteur, comedien – Photographié chez lui – 28 Janvier 2016 – Bougival

Bonjour Philippe Katerine, ton nouvel album sort aujourd’hui, intitulé « Le Film ». Pourquoi ce titre ? 

 K : Disons qu’avec ce titre, même moi parfois je m’y perds « Bon quand est-ce qu’on sort le film ?! ». Mais bon, je marche pas mal avec des ambiguïtés, c’est mon style ce n’est pas de ma faute, c’est mon papa et ma maman qui m’ont fait comme ça !

Quelle est donc la scène que tu préfères dans celui-ci ? 

K : En ce qui me concerne, je n’ai pas de scène préférée. Il y en a des violentes parfois, mais je peux dire qu’aujourd’hui, à l’heure où je te parle, eh bien je dirais que c’est par exemple une chanson d’observation pure comme Les plantes !

Cet album, au même titre que la pochette, nous donne l’impression d’un dessin à main levée tout en étant parfaitement maîtrisé. Comment ça se passe de ton côté pour l’écriture ? 

K : Alors comment ça s’est passé :  j’ai quand même pas mal écrit de textes avant car j’en avais envie. J’étais à une époque où je voulais me confier à du papier et puis après il y a eu la rencontre avec un piano, un vieux piano. J’ai dit « Bonjour Monsieur, est-ce que je peux m’installer ? », il m’a dit « oui » alors j’ai ouvert mon petit cahier et j’ai joué – parce que moi habituellement je ne joue jamais de piano. J’ai joué des choses et je chantais en même temps puis ça venait comme ça, avec des formes appuyant sur des textes que j’avais écrits.

Quelle est ta principale source d’inspiration?

 K : Entre autres mes enfants, car c’est mon environnement. J’ai la chance de vivre avec des gosses donc j’en profite ! Vivre avec des enfants, c’est en quelque sorte vivre avec des étrangers, on n’a pas toujours la même langue et pas du tout la même vision des choses. On a d’autres objectifs, quand il y en a ! C’est ça qui est intéressant, c’est comme si on regardait en quelque sorte des extraterrestres. Être en contact avec eux c’est toujours un privilège.

On adore tes textes, car ils ont toujours l’air, à première vue, minimalistes et désinvoltes alors que si on les analyse, on y découvre à chaque fois un message profond. À la manière d’un film, c’est important pour toi de permettre aux gens de découvrir un message qui ne sauterait pas forcément tout de suite aux yeux, en analysant les plans ?

K : Oui, j’essaye de laisser des portes ouvertes, qu’on puisse circuler dans la chanson comme dans un appartement. On peut se retrouver dans la cuisine de cette chanson, on peut y faire ça. On peut prendre une bière dans le frigo ou un yaourt, tout est possible. Après je vous présente aussi les toilettes de la chanson, où l’on peut lire un magazine ou bien sûr faire ses besoins. Et puis il y a aussi la chambre ou vous pouvez vous allonger.

Et comme dans un appart’, on peut ouvrir les fenêtres pour entendre le son de la ville ou de l’endroit où vous habitez. On peut Visualiser un paysage, un environnement, sentir une odeur. Vous pouvez changer la place des meubles aisément, c’est comme un airbnb !

On a adoré le clip « Compliqué » avec cette armée de patineuses qui a visiblement une petite fringale. On sait généralement que les clips de Katerine vont être une belle surprise burlesque, quelles sont tes inspirations ?

K : La plupart du temps, je fais mes clips avec Gaëtan Chataigner. On a tout fait ensemble, on écrit à deux quelque part. Ça dépend des clips : parfois c’est lui qui emmène l’idée parfois c’est moi. On se connait bien, on monte ça ensemble et c’est une discussion à deux. Là en l’occurrence pour Compliqué, c’est moi qui avait envie de sang.

On peut en déduire que tu as toujours rêvé de jouer dans Walking Dead pour celui-là et que tu as une phobie du patin ?

K : C’est quoi Walking Dead ?!

La série avec des zombies !

K : Ah, je ne l’ai pas vue donc ce n’était pas prémédité ! Mais il y a aussi beaucoup de fantasmes dans ce clip, qui sont les miens. Alors vous avez la golden shower, le Christ…

L’autoturlute…?

K : euh, est-ce qu’il y a une autoturlute ?

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Avec un sosie…

K : Ah oui effectivement ! Ca fait parti de mes fantasmes personnels qui ne sont pas tous bons à réaliser… La golden shower je ne suis pas sûr d’en avoir vraiment envie mais quelque part ça a toujours été un fantasme. Faire un clip avec cette chanson, qui a quand même un texte qui est assez large – tout rapport humain est compliqué, effectivement car en tant qu’être humain on lutte en permanence contre soi-même, alors imaginez avec tout…  – c’était assez génial parce que disons qu’on pouvait à la fois mettre en place des fantasmes comme j’en ai parlé, des obsessions et puis aussi faire un portrait d’une situation mondiale. On va pas se gêner pour être ambitieux ! Alors cette équipe de roller qu’es-ce que ça représente…?

Justement qu’est-ce que ça représente ? Parce qu’on se rend compte qu’il n’y a que des femmes dans ces patineuses qui se jettent sur toi et comme tu y parles fluides corporels…on peut y voir une certaine métaphore d’ovule ?

K : ah oui de cellule bien sûr et avec aussi ces plans zénithaux qui peuvent donner cette accumulation de cellules. Mais ça peut également parler de situation géopolitique sur soi-même ou le monde d’aujourd’hui qui n’est pas simple. Ce clip est violent, mais ça m’a fait du bien, car je trouve que le disque est très doux, Doudou (ndlr. chanson de l’album). D’ailleurs il a failli s’appeler comme ça. Mais il n’est pas que doux, pour atteindre ce Doudou, il fallait aussi passer par de la violence, c’est assez bref dans le disque mais elle existe quand même.

On te considère comme un artiste iconoclaste et décalé, mais en vérité c’est peut-être toi le plus lucide. Quel est pour toi celui que tu considères comme le plus décalé et que tu n’arrives pas forcément à comprendre ?

K : Pour moi, Florent Pagny est complètement décalé par exemple ! Je regarde The Voice et c’est lui que je prendrais comme coach ! Parce que c’est quelqu’un que je ne comprends pas du tout et qui est très éloigné de ma façon d’être et j’aimerais bien qu’il me coach. Pour moi, lui est complètement décalé alors que moi évidemment je me sens complètement dans les normes.

Ton pire moment sur scène mais à la fois marrante ?

K : C’était à St Quentin, mais il y a longtemps car je jouais encore sur une chaise. Quand j’ai commencé les concerts je jouais sur une chaise, je ne me sentais pas d’être debout, je trouvais ça gênant, j’étais très timide. Je le suis toujours mais je n’étais pas forcément à mon aise de chanter devant des gens, mais aujourd’hui ça a changé je me sens plus à l’aise. Je me pose moins de questions du moins.

Donc je chantais sur cette chaise au bord de scène et d’un coup cette chaise a décidé de me jouer un mauvais tour et un pied s’est cassé… Comme j’étais au bord de la scène, je suis parti à la renverse – j’aurais pu me tuer d’ailleurs –  et tout d’un coup plus personne  ne me voyait. Ça a déclenché des rires impensables, forcément. Je me sentais tellement honteux et tout le monde riait en même temps. Ce mélange de rires et de malaise, est une situation qu’on peut rechercher volontairement mais qui est quand même plus efficace quand ça vient sans qu’on ait demandé quoi que ce soit.276243.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx

On aimerait bien retrouver le Colonel Janouniou des moustachious (Cf. son rôle dans la Tour 2 contrôle Infernale), as-tu d’autres projets de films à venir ?

K : Là en ce moment pas spécialement, je reçois des choses, mais j’ai envie de faire de la musique. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait de concerts, c’est ça que j’ai envie de faire, j’en brûle même.

Ton obsession du moment ?

K : Alors mon obsession du moment, c’est vrai qu’il y a un certain turnover, ça se bouscule souvent. Je suis toujours dans une recherche olfactive – j’ai observé –  de tout ce qui est essence. Pas dans le sens parfum, mais station-service. J’ai tendance à m’enivrer dans des odeurs franchement nocives. C’est une espèce d’obsession d’autodestruction en ce moment, ça va peut-être passer.

On peut donc dire que ton obsession que les gens avaient découvert dans Peau de Cochon est terminée ?

K : C’était quoi ça déjà ?

Disons que c’était une collection qui n’était pas de timbres…

K : Ah oui, non ça c’est fini, ce sont des passades, la roue tourne ! Quelqu’un meurt et en fait laisse la vie à quelqu’un d’autre.

On te laisse manger des bananes tranquillement aujourd’hui ?

K : Eh bien l’autre jour j’avais envie d’une pomme. Parfois ça te refait la santé le matin une pomme. Au moment de payer, l’épicier m’a dit « Non vous allez prendre une banane, faites-moi plaisir ». Moi je n’ai aucune autorité alors j’ai remis ma pomme et puis j’ai acheté une banane parce que ça lui faisait tellement plaisir ! J’aime bien quand on m’ordonne des choses.

Si tu devais te réincarner en un animal, pourquoi ? 

K : En cochon je crois, car j’ai une peau de cochon dans mon coeur depuis une opération qui date de mon enfance. Je vis grâce à un cochon que je ne connais pas, que je n’ai jamais rencontré. J’avais un trou dans le coeur alors ils m’ont mis cette peau pour le combler – car c’est l’animal qui est le plus proche de l’homme au niveau cellulaire. Et puis, je me réincarnerais en cochon pour aussi pouvoir me rouler dans les ordures autant que je veux, sans culpabilité, sans être puni de quoi que ce soit.

Et en objet ?

K : Oh, peut-être en gode-ceinture. Ça doit être intéressant et puis ce sont souvent les femmes qui en portent… Je l’ai vu dans des documents. Ça me plairait beaucoup : « qu’est-ce que c’est », « Où est-ce que ça va ? ». Être au front comme disaient les poilus. 

Le conseil de Katerine à nos lecteurs ?

K : Vérifiez bien vos dents, il faut avoir un suivi car on peut mourir à cause de ses dents, j’ai failli claquer l’autre jour, j’avais mal à la tête et je me suis aperçu que c’était à cause d’une dent

Une dent contre toi ?

K : En quelque sorte, j’ai des ennemis dans ma bouche. Donc c’est le conseil que je donnerais à vos lecteurs – que j’aime – pour leur bien.

On est BETC Pop et on sait que tu as une vision bien à toi, alors quelle serait ta définition de la Pop Culture ?

K : Moi je me sens vraiment Pop, c’est pas de ma faute c’est comme ça. Quand je suis né j’étais Pop, tout de suite. Ça veut dire pour moi : celui qui emmagasine tout ce qui se passe autour de lui dans la société d’aujourd’hui. Celui qui assimile autant ce qu’il y a de plus trash que de ce qu’il y a de plus chic. C’est un mélange comme ça, avec de la couleur. Ce n’est pas un monde en noir et blanc, c’est un monde en couleur. Je pense aussi que quand on est Pop, on se doit également de ne pas être pesant.

Trois groupes à voir en 2016 ?

K : J’aimerais bien voir Panda Bear, Tyler The creator et j’aimerais également voir Kanye West !

Je suis un fan de Kanye West, j’aimerais bien avoir son dernier disque mais je m’aperçois qu’il n’existe pas en version physique, il y a une certaine frustration de ne pas avoir cet objet. Il n’y a que du virtuel, comme s’il avait compris en quelque sorte ce que c’était d’être Yeezus. On ne peut jamais toucher Yeezus, c’est très fort. Pour ce qui est de la Pop Culture dont on parlait, pour moi, c’est le maître en ce moment. Il dépasse tout le monde !

Un son par décennie ?

60’s = The Electric Prunes – Wind-up Toys

70’s = Undertones – Teenage Kicks

80’s = Mylène Farmer – Maman a tort

90’s = Pharrell – Frontin’

00’s = OutKast – Hey Ya!

10’s = The Shoes – Drifted

Pour découvrir Le Film, c’est ici que ça se passe.

Katerine Le Film Recto HD

 

 by Pierre

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