[ITW] Frankey & Sandrino

Le vendredi 18 mars 2016 dans Interview, Music

À l’occasion de leur première venue ensemble sur Paris – pour la H A Ï K U #24 – nous avions passé un agréable moment avec Frankey & Sandrino afin de parler musique.

Qui n’a jamais entendu la pépite Acamar au cours de l’été dernier ? Frankey & Sandrino font partie de ces artistes qui aiment la musique profondément et qui tâchent de le retranscrire dans chacune de leurs productions. Invités le mois dernier par l’agence H A Ï K U  aux côtés d’Henrik Schwarz – nous avons discuté avec le duo berlinois signés sur le label Innervisions.

On peut vous dire qu’ils furent responsables en grande partie de l’atmosphère si spéciale qui a enveloppé La Machine du Moulin Rouge le temps d’une nuit. 

Une photo publiée par @betcpop le

 Bonjour Frankey & Sandrino, c’est votre première date à Paris tous les deux, quelles sont vos attentes ? Êtes-vous excités par cette soirée H A Ï K U ?

S : L’attente n’est jamais le bon mot car on ne peut s’attendre à ce qui va se passer. En revanche, je suis vraiment excité car je sais que l’équipe H A Ï K U fait du très bon boulot pas seulement récemment, mais depuis que je les suis, depuis leur création. Ils ont toujours eu un bon choix de line-up et la production des événements est de qualité. C’est pour ça que je suis excité, car je sais que l’environnement sera juste parfait pour la musique que nous voulons jouer.

F : Pour moi, je me rends compte que Paris a toujours été l’une de mes villes préférées et ce depuis que je suis enfant. Je la visitais étant petit avec mes parents et je me rappelle de cet endroit qu’est le Moulin Rouge. Aujourd’hui je vais jouer dans ce lieu, c’est génial car il a une histoire.

Comment vous-êtes vous rencontrés ?

S : On était tous les deux des Dj résidents à temps partiel dans un club qui s’appelle Butan Club dans la ville de Wuppertal. On s’est donc rencontré là-bas car Frankey jouais également souvent dans des soirées du club.

F : On a également beaucoup d’amis en commun, un entourage similaire, on a donc essayé de faire de la musique ensemble.

S : Cela fait maintenant 12 ou 13 ans que l’on se connaît !

Quel est votre premier souvenir musical ?

F : La plupart des Djs que je connais ont commencé comme la plupart des gens : jouer dans des petites soirées et évoluer dans de plus gros events en fonction de leur notoriété. Pour moi c’est l’opposé. Je venais du travail en studio et j’ai juste commencé à envoyer ma musique à des labels. Puis un jour un label m’a contacté pour jouer dans une soirée, ma première. Je me suis retrouvé devant 3000 personnes un soir de nouvel an. J’avais amené avec moi mon casque de studio et je n’entendais rien car il n’était clairement pas fait pour mixer et à l’époque je ne savais pas que j’avais besoin d’un casque plus acoustique (rires). C’est mon premier souvenir en tant que Dj, un souvenir à la fois étrange et marquant.

S : En ce qui me concerne, je n’ai pas de moment spécifique, car ce fut un processus sur plusieurs années. Je me rappelle avoir acheté mon premier album de musique électronique qui était une compilation regroupant des artistes comme Carl Cox. J’ai trouvé ça vraiment intéressant et je suis vraiment tombé amoureux de ce genre musical. Quand j’ai eu 13 ans j’ai assisté à ma première soirée à Bon. Je ne savais pas à quoi m’attendre donc j’y suis allé avec quelques amis qui étaient plus âgés que moi, et là j’ai été transcendé par l’effet que cette musique pouvait avoir sur les gens. J’ai dansé toute la nuit et j’ai observé le Dj, j’étais fasciné par sa technique et la manière dont il prenait le contrôle, dirigeait une foule entière. A partir de ce moment là j’ai commencé ma collection de titres.

Comment décrivez-vous votre musique ? Pour nous c’est au delà d’un genre électronique classique comme la house ou la techno, il s’apparenterait plus à un genre « stratosphérique » où l’on pourrait se perdre pendant des heures.

F : Merci pour le compliment tout d’abord ! De nos jours, il est difficile de catégoriser une musique et de la cloisonner dans une « boîte ». Disons que l’on ne veut pas que notre musique devienne une « marque », on n’aime pas se répéter car sinon on s’ennuie rapidement. On doit avancer et faire des choses différentes à chaque fois, se renouveler et ne pas enfermer notre musique dans un carcan avec une étiquette.

S : Stratosphérique intéressant. Je suis obsédé par l’univers donc oui on pourrait peut-être utiliser le terme « cosmique » ça me plait bien. Pour moi c’est de la house parce qu’on essaye toujours de faire quelque chose qui puisse se danser mais avec une multitude de sonorités, d’émotions et de sentiments à l’intérieur.

En 2014, vous avez signé ce bel EP Save sur Innervisions. On dirait bien que vous avez trouvez la bonne maison pour le sortir ?

S : Pour moi, c’était l’époque où je regardais toutes leurs sorties depuis la première et pour être honnête je ne voyais pas d’autre label pour Save. Cela peut paraître stupide à dire mais d’un certain côté on était sûr au fond de nous-même que cet EP devait sortir sur Innervisions, il n’y a pas d’explications on le savait c’est tout.

F : C’est vai, il le savait depuis le début. Il a débarqué dans le studio et a dit « J’ai une vision pour un track et on doit le sortir sur Innervisions ». On l’a fait en un ou deux jours et on l’a envoyé au label, puis on a fini par le sortir dessus comme Sandrino l’avait énoncé (rires).

S : Mais ça tout de même pris un peu de temps, on a été patients. Après le premier mail nous n’avions pas de feedbacks, après le second non plus. Mais c’est normal, nous ne connaissions personnes et on sait qu’ils reçoivent des milliers de mails tous les jours. Je voulais absolument un retour alors on a envoyé d’autres mails sans être trop insistants mais on croyait à fond dans ce track, puis on y est parvenu !

Vous avez reçu l’award du meilleur track de la saison des Ibiza Dj Awards pour Acamar qui fut l’un des titres les plus joués cet été. Vous attendiez-vous à un tel succès ? 

S : On ne « s’attendait » pas à un succès parce que nous n’attendons pas cela pour aucun de nos morceaux. Lorsque l’on fait un track, on n’a pas à l’esprit l’idée « oh faisons un titre qui va marcher ! ». C’est juste un instant T de nous-même que nous voulons retranscrire à chaque fois. Comme Frankey le disait, nous n’aimons pas nous répéter : nous ne ferons pas un second Save comme nous ne ferons pas un second Acamar. On essaye à chaque fois d’améliorer nos morceaux, de les faire évoluer et de développer notre propre univers afin de ne pas s’ennuyer. On n’a pas pour ambition de répéter une même formule sur chaque nouvelle sortie.

F : En dehors du fait que l’on soit bien sûr heureux de ce succès, j’étais également fier car au moment de sa sortie, de nombreux artistes de tout horizons l’ont jouée. Pas seulement dans une scène électronique particulière, dans une niche. C’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé à propos de la musique. Faire de la musique qui soit de qualité et qui le soit pour tous sans que cela tombe pour autant dans de la commerciale bon marché. Je ne dis pas que la musique commerciale est mal, loin de là, il y a de la bonne musique commerciale, et pour moi c’était un rêve de faire quelque chose dans cet esprit là – une musique qui puisse toucher un panel de gens le plus large possible !

Comment vous décririez vos rôles respectifs lorsqu’on en vient à la production ? Etes-vous complémentaires ?

S : Premièrement, tu dois comprendre que nous sommes totalement des opposés mais d’une certaine manière très complémentaires. Quand on est en studio, Frankey peut par exemple travailler sur un kick quatre jours à la suite alors que moi je m’ennuie très rapidement. Frankey serait en quelque sorte le geek (rires) et moi je ne sais pas exactement expliquer mon rôle.

F : (rires) Tu es plus dans le genre geek « recherche de track id sur internet ». Mais oui effectivement je suis un peu du genre « geek du studio ». J’écoute une grande variété de styles musicaux que j’aime et Sandrino a une vision claire du son qu’il aime ou non. Pour moi je suis du genre « oui ça c’est bon » ou « plutôt bon », avec Sandrino c’est plus direct c’est « oui » ou « non ».

S : Tu vois, on est différent mais en même temps égaux : c’est un geek à sa manière et je le suis à la mienne.

Vous avez sorti votre dernier EP « Ways of the sun / Formax » sur Drumpoet Community en Décembre dernier, quels sont les projets dans les tiroirs ?

S : Eh bien on en a pas mal en cours ! On a contribué sur un nouveau morceau pour la compilation I’m Starting to Feel OK sur Mule Musiq, avec une tracklist vraiment formidable et ce morceau sera également distribué comme un EP avec un second track dessus. On a également deux remix de prévus, un pour Free ange et un autre pour Drumpoet Community, tout ça avant l’été ! Mais on prépare également notre premier EP sur notre propre label avec des gens vraiment cools et de super musiciens. On a vraiment un tas d’idées qu’on veut voir aboutir le plus vite possible ! 

Quel est votre pire souvenir en tant que DJ ?

S : Je pense que j’ai déjà eu le pire scénario : être booké pour une date et en arrivant là-bas se rendre compte que c’est une soirée EDM… Le Dj avant moi jouait vraiment de l’EDM un peu cliché avec joueur de bongo en live, mais c’était vraiment mauvais. J’ai dit que je ne voulais pas jouer car je ne le sentais pas et que ça ne correspondrait pas à l’endroit, à l’ambiance. On a insisté pour que j’essaye, mais impossible. J’ai joué trois morceaux et puis je leur ai dit « je suis désolé mais je ne peux pas, ce n’est pas bon pour la foule, ce n’est pas bon pour moi, ce n’est bon pour personne ». Me voilà après un set de trois morceaux de retour à mon hôtel. Il était impossible de faire quoi que ce soit car les gens présents s’attendaient à autre chose, ce n’était pas le bon endroit pour que j’y joue ma musique.

F : En ce qui me concerne c’est arrivé il y a quelques mois. J’étais avec mon autre projet musical pour une soirée au Japon. Cela faisait 30h que je n’avais pas dormi car j’avais déjà 3 dates derrières moi, un vol pour le japon très long. Je me suis donc dit après mon set, « aller je file directement me coucher » à l’hôtel. L’orga m’avait donc assigné un chauffeur pour pouvoir rentrer du festival. Sur la route du retour, on se fait arrêter par la police pour un contrôle d’alcoolémie. Le chauffeur a bien sûr été contrôlé positif et ils ont même trouvé de la weed sur lui… Bien entendu on a tous été arrêté et j’ai été coincé pendant 8 heures dans un poste de police de campagne japonais avec interrogatoire comme si j’étais un criminel, avec un traducteur, bref la totale ! Le cauchemar ultime quand ta seule envie est d’aller dormir ! (rires)

On va donc passer à votre meilleur souvenir !

S : C’est difficile de répondre à cette question car il y a tellement de bons souvenirs, tellement de personnes un peu « nerds » ici et là qui essayent de créer une atmosphère spéciale pour des soirées, on pense par exemple au Sub Club à Glasgow ou bien encore Bob Beaman Club à Munich…Mais j’ai vraiment hâte d’être ce soir car je sais que ça va être parfait !

F : Pour moi, j’ai vraiment aimé une date que l’on a faite à Tunis l’année dernière en juin. C’était un peu spécial car on n’était vraiment pas sûrs de ce que l’on pouvait attendre de cette date.

S : Il n’y avait aucune com’, pas d’event Facebook, rien, la personne qui nous avait booké nous avait dit que seulement ses amis viendraient…

F : On est arrivé dans un hôtel et on s’est dit « d’accord ce sont des personnes riches qui se sont fait une petite soirée privée », ce qui était d’ailleurs le cas. On est monté dans notre chambre et lorsqu’on est redescendu 1h après on s’est retrouvé face à un danceflloor rempli d’au moins 700 personnes !

S : La foule était vraiment belle, à fond dans notre musique et c’était vraiment un excellent moment ! D’autant plus qu’une fois encore on n’avait aucune attente, ce fut une belle surprise et c’est ça qu’on aime le plus !

Imaginons qu’on vous donne un défi : remplacer le track fétiche de l’un d’entres vous par un truc vraiment naze – en faisant un edit pour ne pas qu’il s’en aperçoive ?

S : Ça serait impossible, je connais tous mes tracks je n’écouterais pas seulement que les première seconde ! Et si tu me faisais ça je serais là « Mais qu’est-ce qu’il me fait ?! »

F : Pourquoi pas quelque chose qui garde la foule en mouvement. Gangnam Style ? (rires) Mon fils adore la chanson. À vrai dire j’ai déjà du la jouer quelques fois je l’avoue pour des soirées de l’école de mon fils ! Et a vrai dire, ils devenaient fous à sauter partout en l’entendant, parfois plus que dans une soirée techno (rires).

Quelle est votre définition de la Pop Culture ?

F : Je dirais que je définis le mot Pop par le fait de se sociabiliser, rencontrer des amis, boire quelques bières. Fumer ferait également parti de ma définition, mais c’est maintenant interdit dans la plupart des endroits dans le monde maintenant, ce que je trouve plutôt stupide en ce qui me concerne. Un bel environnement avec de la bonne musique. Voilà ma définition.

S : Rien de plus à ajouter ! (rires)

Pour retrouver la folle ambiance des soirées H A Ï K U, c’est dès demain au Rex et c’est par ici que ça se passe :

Prins Thomas et Fort Romeau

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Et l’agence compte bien ne pas s’arrêter là avec une autre date fin mars :

Tale of Us and Oskar Offermann, Tijana T, Konkørd le 26 mars

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by Pierre

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