Ce qu’on a retenu des 37èmes Rencontres Trans Musicales

Le mardi 08 décembre 2015 dans Live report, Music

Comme chaque année, Rennes fut pendant 5 jours et 5 nuits un carrefour unique de rencontres entre les artistes de renommée internationale et les grands espoirs de demain. L’équipe BETC POP y était et a écumé toutes les salles de concerts, on vous dévoile nos 6 coups de cœur.

L’étage : LenParrot

 

On avait déjà croisé le nantais en tant que claviériste chez Pegase et derrière le micro de Rhum For Pauline, mais aujourd’hui c’est avec son projet solo qu’il revient sur le devant de la scène. En trois minutes le ton est donné. Il suffit d’écouter les yeux en cavale ou Inner Place pour que le prodige nous révèle l’étendue de sa connaissance en ce qui concerne les afflictions de l’âme, la complexité des émotions et leur traduction en musique. Fonctionnant en duo sur scène, LenParrot réussit le coup de maître de réduire l’organe pop à son plus simple appareil, en épurant ses mélodies, et en laissant le premier rôle à une voix suave qui ne laisse pas indifférent. Son premier EP est un véritable  bijou de pop minimale et vaporeuse, que la découverte sur scène n’a fait que magnifier. À suivre!

L’air Libre : KAANG / Paradis

Chaque année depuis 1997 est présentée une création en coproduction avec le théâtre de l’Air Libre, écrin de 250 places. Yann Tiersen, Stromae, Benjamin Clementine ou Jeanne Added y ont présenté leur nouveau spectacle. L’artiste en création bénéficie d’une résidence de plusieurs jours de suite. Cette année, ce sont les parisiens de Paradis qui ont eu le privilège de déposer leurs instruments dans le théâtre. Pour leur première partie, ils ont demandé entre autre au réunionnais Labelle et au lésothan Hlasko, un duo détonnant qui forme à eux deux KAANG. Une mise en bouche idéale. Les deux comparses passionnés par la musique et la culture Bushmen nous déversent à travers leur univers unique une musique électro-acoustique captivante et envoûtante qui nous fait voyager dans les terres ancestrales de cette ethnie opprimée.

@paradisfm

Une vidéo publiée par @betcpop le

Kaang sort de scène et c’est au tour de Paradis de prendre en main la suite de la soirée. Simon Mény, violoniste de formation, et son cadet de cinq ans Pierre Rousseau, pianiste autodidacte, accompagnés de leur claviériste sont venus nous présenter en avant-première leur album post-French touch des plus attendus. La salle s’imprègne alors d’une pop mélodique qui nous fait voyager dans l’univers de Souchon avec leur reprise culte de « la Ballade de Jim ». Le trio fait défiler sa poésie délicate et ses textes mélancoliques, distants et nous font redécouvrir une chanson française moderne à l’ère du synthétique. Un spectacle à la scénographie sobre et colorée qui nous implose délicatement à la figure.  Le trio arrête le temps et nous emmène dans un univers cotonneux et apaisant, on adore !

 Hall 9 : Jacques

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Nos jambes endolories par les nombreux vas et viens dans les halles du parc expo de Rennes ne nous ont pas empêché de danser dans le gigantesque hall 9 où le phénomène Jacques était venu nous dévoiler sa musique hypnotique. Équipé d’une tonsure unique, de son jerricane, de ses bouteilles de bière et de son thérémine, l’artiste signé chez Pain Surprises Records nous a proposé un set détonnant. Passé maître du trifouillage électronique et du drop, Jacques donne vie à sa musique en direct et nous fait vivre une expérience hors du commun. Un show lunaire rythmé par les commentaires de l’artiste entre ses morceaux pour monter discrètement le tempo et lâcher ensuite un torrent de BPMs.

Hall 4 : Marc Piñol


Sur la scène Greenroom on est allé, et sur le set de Marc Piñol on a dansé. Le catalan, actif depuis 1997 nous a collé les pieds au dancefloor et a fait gentiment monté la température du hall 4 avec un set accrocheur. Et il faut dire que depuis tout ce temps Marc Piñol a l’habitude des clubs et des festivals et sait comment s’y faire. Son truc ? l’éclectisme — lui qui affirme que la découverte de “Pet Sounds“ des Beach Boys a changé sa vie et qui cite entre autres référents derrière les platines l’Anglais Andy Weatherall et le Français Ivan Smagghe. Longtemps résident du prestigieux Nitsa Club de Barcelone, également compositeur (un seul EP à son actif) et remixeur, cet ancien journaliste peut dynamiter n’importe quel dancefloor en mixant ce que bon lui semble, jonglant au gré de ses humeurs avec la house minimale, l’EBM, la techno ou l’electrop.

Hall 3 : Khun Narin’s Electric Phin Band

Plus tard dans la soirée, notre envie de dépaysement nous a mené tout droit dans le hall 3 où une fanfare thaï se produisait. Malgré les dizaines de milliers de kilomètres qui les séparent de leur région natale, le quintette originaire de la ville de Pakong n’a pas eu le mal du pays et bien au contraire. Pendant toute la représentation, le groupe nous a livré une séance d’ethno rock psychédélique aux sonorités hypnotiques. Un set local où les titres fusent les uns après les autres sans jamais s’interrompre et qui laisse place petit à petit à une trans collective joyeuse. Un show étonnant, à la fois kitsch et endiablé.

Hall 8 : Dralms

On avait adoré le disque, Eaming Keep de Christopher Smith  et quand on a su qu’il montait sur scène avec son nouveau groupe signé par le label Full Time Hobby, on a pris nos jambes à nos cous et on s’est vite rendu dans le hall 8.  Sous l’intitulé Dralms, le producteur canadien continue de nous délivrer une pop douce. Une musique mélancolique parée d’arrangements électroniques qui nous fait voyager dans un univers sombre et léger.

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