[ITW] On a papoté avec Jack Garratt

Le vendredi 13 novembre 2015 dans Interview, Music

Jack Garratt, sacré artiste de l’année 2015 par la BBC Music, est une révélation musicale atypique. Son style brasse les genres musicaux sans pour autant se figer dans une catégorie sonore. Musique sans codes et sans nom, mais clairement novatrice, on est tombé sous le charme de cet anglais tatoué au coeur sensible. À l’occasion de son dernier passage à Paris pour le festival les inRocKs Philips nous l’avions rencontré pour papoter autour de la sortie de son deuxième EP Synesthesiac. Le 17 mai il revient en concert à Paris, à cette occasion nous avions envie de ressortir cette interview et de vous faire gagner des invitations ! 

Pour participer au concours, ça se passe ici par tirage au sort !

Hello Jack, peux-tu te présenter en quelques mots?

Je suis Jack Garratt, un producteur, auteur-compositeur originaire de Londres, vivant actuellement un peu partout dans le monde au même moment !

C’est la première fois que tu joues en France?

Je suis déjà venu en France plusieurs fois et fais la première partie de Mumfords & Sons à l’Olympia. J’ai aussi joué à la Boule Noire.

La musique et le son que tu produis est unique, comment la définirais-tu?

J’essaie justement de ne pas la définir car beaucoup de personnes trouvent très difficile de catégoriser ma musique dans un genre musical particulier. J’aime savoir ce que les gens pensent de ma musique, plutôt que de la définir.

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Certaines de tes chansons, telles que « Worry » ou « Synesthesia » me font penser à Chet Faker. Dirais-tu qu’il est une influence  pour toi?

En fait, je n’ai pas tellement écouté Chet Faker, je ne connais pas vraiment sa musique. J’aime ce qu’il fait mais non, il n’a pas été une influence directe sur ma musique.

Quelles sont tes influences alors?

À vrai dire, un peu de tout. Tout ce qui est bon. J’ai un grand respect pour la musique en générale. Je suis un fan de Stevie Wonder et de Tom Waits que j’ai écouté toute ma jeunesse. Tout ce qui est bon, exigeant, drôle et sérieux à la fois.

 Quand as- tu commencé à jouer de la musique?

J’ai commencé à créer la musique que je fais aujourd’hui il y a trois ans. J’écrivais des chansons acoustiques et n’était pas totalement convaincu par ce que je faisais. J’ai alors commencé à produire ma propre musique et à y intégrer des sonorités électroniques. Je m’amusais à tester des sons, créer des formes sonores, plutôt que de jouer de la musique acoustique. Ça a été le déclic. Mais j’ai commencé à écrire de la musique lorsque j’avais 13 ans. Il y a déjà 10 ans de cela!

De quelle manière crées-tu tes chansons?

Ça commence souvent avec une idée que je vais essayer de perfectionner, rendre intéressante et inspirante. Le plus important pour moi c’est d’aimer ce que je fais. Car si je n’aime pas ma musique, je ne peux pas prétendre à ce que les gens l’aime. Donc le procédé c’est que je me sente à l’aise et heureux avec ce que je produis.

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Tu as appelé ton dernier EP Synesthesiac, te considères-tu synesthète?

J’ai choisi ce nom dans l’optique de quelqu’un qui n’a pas de synesthésie mais est intéressé par ce qu’elle représente et peut engendrer. Je connais des gens l’ayant mais moi-même je ne l’ai pas. Toute l’idée autour de cet EP a émergé du fait que je voulais recréer du mieux que je pouvais les sensations issues de la synesthèsie. Je voulais donner aux gens la possiblité de la développer même si à la base ils ne sont pas synesthètes.

Si tu devais partir sur une île déserte et n’emporter que deux albums avec toi, quels seraient-ils?

C’est une question très difficile! Hm, laisse moi réfléchir, si je ne devais vraiment n’en prendre que deux ce serait Tom Waits, l’album Used Songs de 1973-1980 et Stevie Wonder Music of My Mind.

Y-a t’il des thèmes ou formes sonores que tu aimes reproduire dans tes différentes compositions?

Il y a des idées, et certains sons que j’aime reproduire, cependant toutes mes chansons sont très différentes. Je vais faire un ballet le lundi et le jour suivant je le transformerai en une sonorité pop. C’est la raison pour laquelle je tente de garder les mêmes thèmes afin que les gens ne soient pas effrayés par ma musique et pense que c’est trop différent ! Mes mélodies connectent mes chansons entre elles. Mes chansons sont ambigues et je veux qu’elles le restent. Certaines parlent d’expériences personnelles, d’autres d’expériences qu’ont vécu mes amis ou encore des expériences totalement extérieures à moi. C’est pourquoi je ne veux pas chanter chaque chanson depuis ma propre perspective.

Qu’est ce que la Pop Culture pour toi?

Le mot pop est un raccourci pour populaire, donc la pop culture devrait être quelque chose qui attire les foules, quelque chose qui aurait l’opportunité et l’habilité de toucher et être apprécié par de nombreuses personnes. Malheureusement c’est souvent considéré comme quelque chose de commercial. Mais pour moi il y a une grande différence entre quelque chose qui fait vendre et quelque chose que beaucoup de personnes peuvent aimer. Tout le monde peut aimer la Pop Culture, mais c’est aussi la raison pour laquelle les gens la rejettent. C’est dommage ! Moi-même j’étais comme ça enfant et  j’ai réalisé ensuite que je faisais une erreur.  La musique pop est fantastique mais c’est vrai qu’il est difficile de la produire correctement.

Si tu devais définir ta musique en deux mots?

Je dirais qu’elle est secrètement calme. Ma musique est plutôt bruyante, explosive mais ces moments existent simplement parce que je les interpose avec des moments d’absence. Elle dépend plus des moments d’ absence que des moments explosifs. Pour que quelque chose soit grand et puisse exploser, il faut qu’il n’ y ait rien eu auparavant.

Si tu devais choisir un album qui t’a influencé pour devenir ce que tu es aujourd’hui?

Heroes de David Bowie pour ces paroles éblouissantes, sa voix incroyable et le fait qu’il soit l’un des meilleurs chanteurs du Royaume Uni.

Par Hélène Bourgois

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