Interview: Luc Dubanchet, fondateur d’Omnivore

Le vendredi 06 mars 2015 dans Gastronomie, Lifestyle

Il y a 10 ans, Luc Dubanchet réunissait ceux qu’il appelle « quelques illuminés » au Havre autour des chefs Bras, Adrià, Ducasse et de jeunes loups inconnus qui s’appellent désormais Aizpitarte, Redzepi, Gauthier… à une époque où MasterChef ne passait pas le lundi sur TF1 puisque le célébre programme n’existait simplement pas.
2015: 10 ans et plus de 700 chefs sont passés sur les scène de l’Omnivore World Tour, une réussite exceptionnelle empreinte de passion pour la cuisine et de cette folie qui accompagne les relations amoureuses.

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Bonjour Luc, cette année c’est à Paris que vous célèbrez les 10 ans du festival Omnivore avec, on l’imagine, beaucoup de souvenirs et de promesses, racontez nous les étapes clés du développement de votre rêve ?

2006, c’est le Havre, le laboratoire en ébullition de la Jeune cuisine, on est un peu moins de mille et c’est roots. 2008, Omnivore déménage à Deauville, grande scène et 1500 places, changement de dimension, la scène sucré est créée, les vignerons nature sont 120, c’est la folie. 2009, Omnivore s’installe à New York, 2011 : Moscou. 2012, c’est l’arrivée à Paris, à la Mutualité, qui devient notre bureau et notre maison. Le festival accueille les meilleurs chefs du monde, prend toute sa dimension internationale.

 

Depuis le lancement de votre festival en 2006, la cuisine s’est réaffirmée comme un art populaire, un divertissement et un lifestyle : selon vous, la gastronomie est-elle un acteur de la pop culture?

J’ai même écrit sur la Pop gastronomie plusieurs articles, donc oui, c’est comme la musique rock des années 60 une forme de réappropriation de la cuisine par un plus grand nombre de personnes. Tout ne se passe plus uniquement dans les grands restaurants, au profit d’une multitude d’adresses plus ouvertes, plus abordables.

 

La France est célébrée comme LE pays de la gastronomie. Vous qui avez parcouru le monde, qu’en est-il de l’international ? Y a-t-il des scènes culinaires particulièrement actives sur les autres continents ? Y a-t-il encore une notion de cuisine régionale dans ce monde global ?

Sauf que la France n’est plus le seul pays de la gastronomie… Des villes comme Londres, Montréal, Sydney, mais aussi plus récemment Istanbul sont devenues de réels centres d’intérêts pour la cuisine. La notion de régional me semble restreinte aujourd’hui. Ce sont des produits qui poussent ou sont élevés dans une région donnée pour ensuite être travaillés en fonction d’une ouverture mondiale par les chefs.

 

En 2014, vous avez édité le premier volume de votre Foodbook, un magazine/guide de restaurant, qui traite de son actualité, des talents qui la subliment et compile tout l’amour que vous lui portez. Quelle est votre vision/définition de la gastronomie ?

Le foodbook est la suite logique d’une centaine de publications depuis 2003 et la création d’Omnivore. La gastronomie du 21e est celle d’une nouvelle génération de mangeurs – 25-40 ans – en attente d’une expérience culinaire renouvelée. Fort heureusement, ces aspirations rencontrent aussi celles de nouveaux chefs, capables de faire bouger les lignes, de changer les codes. C’est une intense période de remise en question et c’est donc passionnant.

 

Pour BETC Pop, vous avez sélectionné plusieurs plats associés à des morceaux, selon vous, la musique apporte-t-elle un supplément d’âme à la gastronomie ?

Puisqu’on parle de Pop gastronomie, on ne peut évidemment oublier la musique ! Je constate que les jeunes chefs à travers le monde aiment le Rock Indé, le Hip Hop, le rap… c’est une langage commun qui vient en complément du langage universel qui est celui du goût.

 

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