Antoine Buffard: rédacteur en chef de Trax

Le mercredi 15 octobre 2014 dans Interview, Interview, Lifestyle, Music

Antoine, tu es le nouveau rédacteur en chef de Trax Magazine, peux-tu te présenter en quelques mots, expliquer ton parcours ?

Au commencement était un blog… De 2006 à 2011, j’écrivais pour mon site, Source De Calcium, pour lequel j’organisais aussi des soirées. Le but était de dénicher, avant tout le monde, des perles électroniques et de les diffuser. C’était l’époque chaotique de Myspace, on était assez peu à faire ça au départ puis ça a explosé. J’ai été repéré par Trax en 2008 et j’ai commencé en tant que stagiaire (assistant de la rédaction) avec Patrick Thévenin et Damien Almira. Je lis Trax depuis que j’ai 13 ans, c’était une consécration de commencer à écrire pour ce magazine !
A côté de ça je faisais du conseil stratégique et communication culturelle, j’organisais des fêtes dans des musées, je mixais aussi beaucoup plus que maintenant. Puis j’ai été nommé rédacteur en chef en 2013 avant de reprendre, à Technikart cet été, l’édition du magazine avec ma société Sources Management, qui héberge également un label, [re]sources (avec Tommy Kid et Kodh – résident sur RINSE France tous les mercredis de 00h à 2H), et un disquaire, La Source (avec DDD et Smallville). Une histoire de sourciers…

 

En tant que passionné de musiques électroniques en tous genre et ce depuis plus de 15 ans, quel regard portes-tu sur l’époque actuelle, sur l’évolution des gouts musicaux et sur l’avenir de la musique électronique en général ?

Je pense très sincèrement que l’ont vit la plus belle époque que l’Homme ait connu ! La musique électronique s’est réalisée avec l’avènement d’Internet et des home studios. Il ne se passe pas une semaine sans sorties passionnantes. Les oreilles des publics se sont ouvertes, les gens sortent plus qu’avant, la variété de ce qui est proposé est immense et les frontières entre les genres sont tombées.
On est en train de sortir d’une période ou les gens cherchaient surtout des sons « a l’ancienne », uniquement en vinyles, et sont à nouveau en train de s’enthousiasmer pour le futur, pour l’évolution des nouvelles technologies qui guident l’évolution de musiques électroniques. C’est un mouvement fort en perpétuelle évolution.

 

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Aux yeux de tous, Trax Magazine était la référence papier des cultures électroniques malgré des temps plus difficiles ces dernières années. Vous êtes de retour dans les kiosques avec une nouvelle formule en cette rentrée, peux-tu nous en dire plus sur cette dernière mue, sur l’histoire récente de Trax et sur vos ambitions avec ce nouveau format ? Comment va évoluer votre ligne éditoriale ?

La presse et les médias vivent leur plus grande mutation depuis l’invention de l’imprimerie. Ce n’est donc pas toujours facile de trouver son modèle. J’ai repris Trax cet été en repensant totalement son fonctionnement. Il fallait d’abord relancer le papier qui est l’essence de notre métier. Une performance chaque mois !
On se concentre aujourd’hui sur la deuxième phase de notre développement. Notre deuxième levée de fond va nous permettre de créer une plateforme web ambitieuse qui sera un outil idéal pour notre communauté. Le site utilisera différentes technologies (web scrapping, analyse de data, wiki…).
Côté support, on se lance dans la production de vidéos. On en consomme beaucoup en tant que passionné de musique et on veut apporter notre touche ! La ligne éditoriale reste la même : représenter le panoramas des musiques électroniques dans son ensemble. Aujourd’hui le défi n’est plus le même que pour Trax en 1997 qui se battait pour faire exister ces musiques. Aujourd’hui Trax est un guide, un référent, à l’intérieur d’une culture qui est omniprésente dans le monde. Nous cherchons à faire de Trax un média multi supports et international.

 

À l’heure de l’apparente démocratisation de la musique électronique et le retour d’une forme de clubbing culture, comment aborde-t-on cette tendance du point de vue d’un magazine spécialisé? Est ce que tu sens qu’en 2014 la musique électronique bénéficie de plus d’attention, d’intérêt et d’expertise de la part du public/de votre lectorat?

Notre enjeu est de faire comprendre ce qu’est cette musique. La partie clubbing, voire EDM, est la partie visible de l’iceberg. Le grand public connaît mal son histoire et ses dernières expérimentations. C’est une musique géniale pour faire la fête, pour se rassembler, et c’est aussi beaucoup plus. C’est un témoin de notre temps, de la richesse de la génération Y. Le public de 2014 est beaucoup plus cultivé qu’avant. Il apprend beaucoup plus et beaucoup plus vite.

 

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« Virage du digital », « mort du format papier », « accélération des réseaux sociaux », on a beaucoup écrit sur les difficultés de faire vivre un magazine musical publié à grande échelle, quelle est la situation pour Trax ? Nourris-tu des projets de nouveaux médiums/relais pour l’avenir ? Comment vois-tu l’évolution de Trax via cette nouvelle formule?
On imagine que malgré les difficultés, le jeu en vaut toujours la chandelle

Nous sommes en train de réaliser notre deuxième levée de fond, nous sommes suivis par un pool d’investisseurs qui est loin du monde de la musique mais qui voit en notre projet un grand potentiel. Y compris financier. Trax est prescripteur et dénicheur de nouvelles tendances. Les sources de revenus sont diverses.
Trax fonctionne de plus en plus comme une agence créative qui utilise ses compétences pour mettre en relation artistes et labels avec des marques ou des institutions publiques sur tout ce qui concerne les arts technologiques. Cette relation entre art et technologie n’a jamais été aussi pertinente, elle touche les gens au plus profond d’eux-mêmes et correspond à un certain nombre d’enjeux sociaux, à une volonté de vivre ensemble, de regarde loin devant.

 

Peux tu nous faire une sélection de 5 titres qui représentent le nouvel esprit Trax?

En bonus: Objekt – Ratchet (sur l’album Flatland)

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