Rencontre avec joseph mount de metronomy

Le mercredi 12 mars 2014 dans Interview, Music

Douce hypnose au milieu des nuages roses qui ornent la scène, Metronomy nous transporte vers les contrées idylliques d’une pop que seuls les Anglais maitrisent aussi bien.

 

Lors de notre entretien, Joseph a décrit Love Letters, leur dernier album, comme une rencontre entre The Zombies et The Eagles, comme « un disque qui a cet esprit 60s sans être ringard ou pompeux ». Leur live reflète une envie libertaire, où les Anglais n’hésitent pas à fouiller dans l’âme des Beach Boys et des Beatles, à parcourir les vertes contrées de la pop pour en rapporter le saint graal.

 

On comprend mieux le clip de Michel Gondry, ce live est un plan séquence de tout ce que la pop a pu faire de cool. Une enveloppe kitsch dans un esprit d’une beauté exceptionnelle.  De l’émotionnel I’m Aquarius au très singulier Love Letters, le concert se balade entre les atmosphère sans jamais instaurer de coupure.

 

A propos de Michel Gondry, Joseph nous confie « nous aurions toujours choisi de travailler avec lui. En fait on ne savait pas que c’était une option. Et quand on nous a dit qu’il cherchait à faire un clip et qu’on l’interessait, c’était génial. » « Les réalisateurs Français ont vraiment quelque chose de particulier, ils sont plus techniques, beaucoup plus complexes dans leur créativité. Les Anglais sont plus dans l’esthétique pure, sans forcément chercher plus loin. »

 

 

Partageant leur tournée avec le Bordelais Petit Fantôme, on a voulu en savoir un peu plus sur leur rapport à la musique Française. « Les chansons de Petit Fantôme sont excellentes, c’est vraiment super de faire une tournée avec des musiciens que t’aimes écouter, que ce soit sur scène ou dans la vie parce que tu passes plusieurs jours avec eux, parfois 10, parfois plus. On a eu des expériences affreuses avec des groupes notamment aux USA, là au moins, on est content. »  « Je ne connais pas beaucoup la scène Française, mais notre ingénieur du son Ash Workman, a bossé sur le dernier disque de Frànçois & The Atlas Mountains (un autre groupe de Petit Fantôme), et je voulais que Melody de Melody’s Echo Chamber chante Love Letters avec nous. Mais elle était tellement occupée à l’époque que ça n’a pas pu se faire. »

 

Dans cette utopie pop, il paraît difficile d’aborder la question de la relation musique et marque. Le leader Anglais est très pragmatique à ce sujet. « Un artiste a tout simplement besoin d’argent. Certains plus que d’autres, mais tu dois trouver des solutions. Les gens achètent de moins en moins de disques et tu dois trouver des moyens de t’en sortir. » « Je déteste donner du crédit à des marques, mais nous avons fait un concert avec Heineken, et je n’ai pas eu l’impression de faire des compromis, on ne devait pas boire de la Heineken à tout prix, on buvait ce qu’on voulait. » « Parfois tu fais des choses et les gens y apposent un logo, c’est là que ça dérive pour moi, quand tu dois faire des compromis. » Avec l’arrivée des réseaux sociaux les voies de communication ont changé. « Le plus gros problème que j’ai avec Facebook et Twitter, c’est que tu dois poster des choses spéciales, j’aurais aimé être un musicien à une époque où tu n’avais pas à faire cela, où il y avait simplement des fans clubs et ou tu envoyais des lettres. C’est dommage de devoir se reposer sur ces choses, mais ça va avec notre époque. »

 

En terme d’innovations des moyens de communication, ils ont sorti I’m Aquarius, le premier single de l’album, sous forme d’application. « Ah, tu dois être intelligent de nos jours. C’est une idée de notre label, mais j’aime assez l’idée d’être créatif sur ces plateformes. Je déteste les teasers sous forme de graffitis comme a fait Arcade Fire, ce genre de choses m’énerve. On peut être plus créatif que ça quand même. »

Pour finir, Joseph Mount nous confie que le dernier groupe qu’il a écouté en streaming était les Beach Boys, la veille dans le tour bus.

 

 

Une belle rencontre à l’image de leur disque et de leur live. Metronomy n’en a pas fini de nous étonner, de leurs rêveries sixties à leur encrage dans leur époque. On a hâte de les retrouver  sillonner les routes de France dans les prochains mois.

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Florian pour BETC music

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