INTERVIEW HOLY SOAKERS

Le mardi 04 mars 2014 dans Interview, Lifestyle


Romain, Alexis, comment vous êtes vous rencontrés et comment est née l’idée de créer l’agence?

Romain: En 2010, j’ai créé un webzine banal, comme il y en a des centaines, … Un hobby de lycéens qui s’est doucement développé. On a été lauréat d’un prix jeunes du Ministère de la Culture avec lequel j’ai pu ensuite financer un véritable site. La personne qui devait le développer n’a pas pu et m’a redirigé vers un jeune dont il avait entendu parlé, qui était Alexis.

Alexis: Du coup, c’est devenu mon client… Quelques mois plus tard il est venu travailler plusieurs mois pour un festival à Toulouse, La Petite invite# Nuits Sonores, et comme j’y habitais, je l’ai hébergé de nombreuses fois. On est devenu amis, puis on s’est lancé sur Hors d’Œuvres pour enfin créer Holy Soakers.

Vous avez un concept d’agence assez différent, pouvez vous nous l’exposer en quelques points?

R: On a décidé de se consacrer uniquement aux domaines que l’on affectionne le plus, que l’on connaît le mieux, du coup ça donne une agence uniquement axée sur le développement de projets liés à différentes formes d’arts

A: Jusque là, on fonctionne très simplement et uniquement tous les deux. Je gère tout ce qui est webdesign, développement, graphisme alors que Romain s’occupe de la partie communication, marketing, du rédactionnel et aussi du relationnel.

On en a parlé récemment, le site de Petit Fantôme fait partie de nos préférés et a été nommé site de l’année sur les Inrocks, vous avez amené vision plus graphique des sites d’artistes, avec une navigation très simplifiée, comment est venue l’idée d’une telle arborescence?

R: C’est vraiment un échange constant entre Pierre (petit fantôme), Fred Vocanson (label manager d’Animal Factory Records), Paul Mesguich (manager), Alexis et moi. Une espèce d’émulation qui nous a conduit jusqu’à cette finalité, chacun apportant ses compétences, son regard. Pierre disait qu’il n’y avait pas de marketing autour de Stave mais pour moi, tout ça c’en est, sauf qu’aux commandes, c’est lui, et qu’on construit, avec lui, autour de sa création pour la mettre en valeur au mieux, sans la dénaturer, et toujours de manière très sincère.

A: Pierre (ndlr: petit fantôme), ne voulait pas faire de Stave son premier album mais voyait ça comme une mixtape, très personnelle, qui n’allait pas forcément intéresser ou toucher les gens.

Fred l’a aidé à construire autour de cette idée et de leur réflexion commune est ressortie l’envie d’en faire un objet dématérialisé, atypique, possédant une réelle valeur ajoutée, et surtout dans la continuité parfaite des morceaux.

J’ai proposé à Pierre cette idée de recréer un booklet de CD avec des lyrics, des photos personnelles, etc… mais sous une forme digitale à laquelle on ajouterait quelques animations afin de le rendre plus vivant, puis on y a travaillé tous les deux. Romain a lui apporté un autre regard, lié à la manière de communiquer autour de la mixtape, du site en émettant l’idée de compenser la gratuité par un « share to download », qui a été au final, un des éléments clés de la visibilité de ce site et de cette mixtape.

R: Et puis à d’autres niveaux, derrière, après la sortie, Paul joue un rôle clé accélérant quand il faut sur des choses majeures, Mathieu Vincent (tourneur chez 3C) met en place une belle tournée en deux temps, Simon Caubet, leur ingénieur du son, les mets dans des conditions optimales, sur scène tout le groupe est au niveau très vite, ça jouer super bien et enfin Fred et Pierre gèrent la sortie du vinyle, les envois etc… C’est vraiment pas de la démagogie que de dire que ça a été et que c’est le fruit d’un super travail d’équipe.

La musique s’écoute de plus en plus avec un support visuel et Stave s’inscrit dans cette démarche de création de contenu web et graphique. Est ce l’avenir de la communication des groupes?

A: Personnellement je n’écoute jamais de musique via YouTube sauf s’il s’agit d’un clip qui m’a accroché dans les 60 premières secondes. Et même si c’est le cas je n’y reviendrai surement jamais…

Selon moi le support visuel, interactif, doit être une passerelle, un tunnel vers l’acte d’achat ou de téléchargement. Aujourd’hui la plupart des gens écoutent de la musique en faisant autre chose et non pas en se concentrant sur la musique.

R: Ça me rappelle un artiste qui parlait de son album en disant qu’il fallait « l’écouter en l’écoutant ». Ça m’a eu l’air d’être une posture d’artiste, un peu clichée, très abstraite, mais en y réfléchissant c’est totalement ça, qui est-ce qui aujourd’hui écoute un album en ne faisant que ça et en y consacrant toute son attention…?

Pour rejoindre ce que dit Alexis, l’idée c’est de redonner de la valeur à l’objet « musique », de valoriser une création. Partir de celle-ci, construire autour un écrin qui fera que les gens y consacreront plus de temps, plus d’attention.

Rendez vous en 2024, vous êtes sur l’internet 10.0, comment se passe la promo ?

R: Internet et le fait que de plus en plus de gens aient les capacités de créer sur ce média suscite et va susciter une multiplication de ce type de supports, la création de nouveaux, et l’émergence de nouvelles stratégies de communication. C’est déjà le cas. Pour autant, cela dépend de quoi on parle. Oui en terme d’émergence d’artistes, c’est un rouage clé pour se faire repérer, se faire connaître des médias, des pros et même d’un certain public.

Mais à un niveau plus large, lorsqu’on voit l’importance qu’ont toujours radio et télévision dans les découvertes musicales du grand public, on se demande dans quelle mesure cela peut-il changer.

Il y a le contre-exemple Beyoncé, mais qu’il faut relativiser. Autant c’est un coup de maître, efficace commercialement, qualitatif artistiquement, autant, à ce jour, cela reste un privilège de superstar très bien installée. Ce type de stratégie de communication, avec un aspect atypique et une mise en place centrée sur le web, semble plus adapté aux artistes émergents ayant besoin de se faire remarquer ou aux superstars mondiales qui peuvent se permettre de sortir plus facilement des sentiers battus, avec des radios et TVs qui ne pourront que suivre. Entre les deux, on retrouve des stratégies plus classiques qui prédominent.

Après, indépendamment de toutes les avancées technologiques, il faut que l’artiste et son travail demeurent au centre de toutes les préoccupations et que tout le travail réalisé en parallèle s’articule autour de ces deux facteurs principaux.

Quels sont vos projets à venir? Des sorties?

A: On vient tout juste de réaliser le site (qui va d’ailleurs évoluer au fil du temps, des clips, des sorties) de Mark Daumail pour Barclay et nous sommes actuellement en train de créer celui d’un artiste [PIAS] Le Label. Nous avons aussi régulièrement collaboré avec Warner Music France (EastWest). En dehors du domaine musical, on développe actuellement un site pour un événement lié à l’architecture après-guerre de Berlin.

On a aussi participé à la direction artistique et réalisé l’anamorphose qui figure sur la pochette de « Piano Ombre », le nouvel album des Frànçois & The Atlas Mountains qui sort le 17 Mars. On a aussi fait le site d’Animal Factory.

R: Parmi les projets en cours il y a aussi le Krakatoa, SMAC de l’agglomération bordelaise pour laquelle on a créé une nouvelle charte graphique et dont on refait actuellement le site internet.

Enfin, on relance la partie relations presse à l’occasion de la sortie du 1er album de Babe (le 10 Mars) – Alexis : dont on fait aussi le site – . Ayant rejoint une maison de disques, j’ai dû freiner, ne souhaitant pas y consacrer toutes mes soirées et assurant juste le suivi pour Petit Fantôme qui part en tournée avec Metronomy et vient de sortir un nouveau clip, et à un moindre niveau pour JC Satàn qui partent faire leur première tournée US (dont le SXSW et des premières parties de Ty Segall, Fuzz etc…), et plus généralement pour Animal Factory Records pour qui il devrait se passer de belles choses.

Avez vous 5 sites qui vous ont inspirés (nationaux ou internationaux) ou que vous trouvez particulièrement réussis ?

http://etudes-studio.com

http://discover.store.sony.com/be-moved/

http://www.lecoldeclaudine.com/fr

http://ss14.soniaby.com avec How To Dress Well

http://lesbuffetsdebrigitte.over-blog.com (ndlr, c’est de loin notre préféré)

Et puis, forcément, ces deux clips interactifs :

Pharrell Williams – Happy

Arcade Fire – Reflektor

Vos 5 titres et 5 clips du moment?

Pour les 5 clips:

Et nos 5 morceaux:

Yung Lean – Gatorade

SchoolboyQ – Man of the Year

Spectral Display- It Takes A Muscle

Beyoncé – Haunted

LAKE R▲DIO – Hide

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